Patrick Balkany s’emporte au tribunal lors de son procès pour détournement de fonds

Ce jeudi 9 avril, le procès de Patrick Balkany, ancien maire de Levallois-Perret, a été marqué par un incident notable. Deux jours après le début d’une audience consacrée à des accusations de détournement de fonds publics et de prise illégale d’intérêts, le tribunal a dû suspendre la séance en raison du comportement tumultueux de l’accusé.

EN BREF

  • Patrick Balkany s’est emporté lors de son procès, entraînant la suspension de l’audience.
  • Le procès porte sur des faits de détournement de fonds publics entre 2010 et 2015.
  • Le verdict de cette affaire sera rendu ultérieurement, alors que les audiences se poursuivent.

Le 7 avril, le tribunal correctionnel de Nanterre a ouvert un second procès contre Patrick Balkany, qui fait face à des accusations graves en lien avec ses fonctions de maire de Levallois-Perret. Les faits reprochés se déroulent entre 2010 et 2015, période durant laquelle il aurait mobilisé des policiers municipaux pour des tâches personnelles, comme des trajets vers l’Assemblée nationale ou des aéroports. Ce comportement a soulevé des interrogations sur l’utilisation des ressources publiques.

Alors que l’audience se déroulait, la présidente du tribunal, Céline Ballerini, a été confrontée à une montée de tension. L’avocat de Balkany, Robin Binsard, a contesté la validité de la procédure, évoquant des « dysfonctionnements majeurs » après quatorze ans d’enquête. Face à cette demande, le procureur a rétorqué avec une citation : « Le temps ne fait rien à l’affaire, comme le dit la chanson ». C’est dans ce contexte que Patrick Balkany, visiblement frustré, a exprimé son indignation, déclarant : « Le maire en fonction est responsable de tout, le juge (…) n’est responsable de rien ». Cette déclaration a conduit la présidente à suspendre la séance, affirmant : « On frôle l’outrage, il vaut mieux qu’on s’arrête ».

Ce procès intervient alors que Balkany a déjà un lourd passé judiciaire. En 2019, il a été condamné à cinq ans de prison ferme pour fraude fiscale et blanchiment d’argent, purgeant une partie de sa peine avant d’être libéré pour des raisons de santé. Dans une interview accordée au Parisien en mars 2024, il avait partagé un aperçu de sa vie après la prison, déclarant : « La nuit, je dors à la campagne. J’ai besoin de cinq heures, pas plus. À 7 heures, je promène mes chiens et ensuite je viens à Levallois ». Malgré ses déboires judiciaires, il a évoqué son intention de préparer les prochaines élections municipales, tout en affirmant qu’il n’allait pas revenir en politique, étant donné sa condamnation à dix ans d’inéligibilité.

Les audiences de ce procès doivent se conclure ce vendredi 10 avril, mais le verdict, quant à lui, sera annoncé ultérieurement. Ce nouvel épisode judiciaire de Patrick Balkany témoigne d’une carrière politique marquée par des controverses et des affaires judiciaires. Alors que la tension monte au tribunal, l’avenir de l’ancien maire reste incertain, oscillant entre son désir de rester dans le débat public et les conséquences de son passé judiciaire.