Dans un contexte international de tensions croissantes, la France affirme sa volonté de se préparer à un éventuel conflit ouvert avec la Russie. Cette déclaration intervient alors que le général Fabien Mandon, chef d’état-major des Armées, souligne l’importance de cette menace lors d’une audition devant les députés de la commission Défense de l’Assemblée nationale.
EN BREF
- La France se prépare à une possible guerre ouverte avec la Russie.
- Le budget de la défense sera renforcé jusqu’en 2030.
- La loi de programmation militaire sera réactualisée pour répondre aux nouvelles menaces.
Le général Mandon a affirmé, ce jeudi 9 avril, que la « permanence d’une menace russe » constitue sa « préoccupation première » concernant la préparation des armées françaises. En effet, il a mis en garde contre le risque d’un « choc dans trois, quatre ans » si la situation ne s’améliore pas.
Il a expliqué que les projections actuelles estiment que la Russie pourrait disposer de 1,3 million de soldats en 2025, avec une augmentation potentielle à 1,9 million d’ici 2030. En parallèle, le nombre de chars lourds russes pourrait passer de 4 000 à 7 000, tandis que la flotte de la marine, quant à elle, devrait se stabiliser entre 230 et 240 navires de combat.
Cette situation justifie, selon le général, la nécessité d’un renforcement des capacités militaires françaises. Emmanuel Macron, en janvier, avait déjà évoqué l’urgence d’actualiser la loi de programmation militaire (LPM), proposant une augmentation de 36 milliards d’euros pour améliorer le réarmement, en plus des 413 milliards d’euros prévus pour 2024-2030.
La nouvelle loi de programmation militaire, présentée en Conseil des ministres, prévoit d’importants investissements, notamment une augmentation des stocks de munitions et de drones. Les munitions téléopérées devraient voir leur stock augmenter de 400 %, tandis que les bombes propulsées AASM et les missiles de croisière Scalp connaîtront respectivement des hausses de 240 % et 85 %.
En outre, cette révision inclut une mesure permettant au président de la République d’instaurer un « régime d’état d’alerte et de sécurité nationale » en cas de menace grave. Ce dispositif, qui nécessite une décision présidentielle, vise à simplifier les procédures et à lever les blocages qui retardent la mise en œuvre des projets stratégiques.
Le général Mandon a insisté sur le fait que cette loi est cruciale pour la défense des citoyens et des intérêts nationaux. « Nous sommes dans une période de danger. Il ne faut pas susciter de l’inquiétude, mais juste de l’éveil », a-t-il déclaré, soulignant le besoin de cet investissement en matière de défense.
Il a également évoqué le « recours désinhibé à la force » et la persistance de la menace terroriste dans diverses régions du monde, dont le Proche et Moyen-Orient, qui justifient un effort accru pour la défense nationale.
La confiance sur l’engagement des États-Unis envers la sécurité européenne est remise en question, le général Mandon ayant noté que les priorités de Washington ne coïncident plus nécessairement avec celles de l’Europe. « Les États-Unis nous alertent depuis des mois : renforcez-vous, nous ne pourrons peut-être pas couvrir vos besoins le jour où vous en aurez besoin », a-t-il rappelé.
La loi de programmation réactualisée doit être prochainement inscrite à l’ordre du jour du Parlement, avec pour objectif son adoption avant le 14 juillet 2026. Ce serait un héritage significatif pour Emmanuel Macron, qui participera alors à sa dernière parade militaire en tant que président.
En somme, la France s’engage à renforcer ses capacités militaires face à une menace russe persistante et à répondre aux défis d’un monde en mutation, où la sécurité nationale devient une préoccupation majeure.