Dans de nombreux jardins, les clôtures en grillage ou en bois ne servent qu’à délimiter un espace. Pourtant, elles peuvent devenir de véritables refuges pour les abeilles et les papillons, espèces en danger selon une étude de 2025 publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences. Cette étude indique que plus d’un cinquième des pollinisateurs natifs d’Amérique du Nord sont menacés, incluant 34,7 % des abeilles sauvages.
EN BREF
- Les clôtures peuvent devenir des refuges pour les pollinisateurs grâce à des plantes grimpantes.
- Une étude révèle que plus de 20 % des pollinisateurs nord-américains sont en danger.
- Douze plantes grimpantes sont recommandées pour attirer abeilles et papillons.
Malgré une surface souvent limitée dans les jardins, il existe une opportunité considérable d’utiliser l’espace vertical. En effet, les clôtures, murs et treillis, souvent laissés vides, pourraient accueillir des lianes florales. Selon le Bee Informed Partnership, environ 40 % des colonies d’abeilles domestiques ont disparu chaque année depuis quinze ans. Il est donc crucial de réagir, même en transformant une simple clôture en un espace florissant.
Pourquoi choisir des plantes grimpantes mellifères ?
Les plantes grimpantes occupent une strate souvent négligée dans nos jardins. Par exemple, un chèvrefeuille corail couvrant trois mètres de clôture peut offrir un habitat pour de nombreux insectes, tout en fournissant des baies pour les oiseaux en automne. Ces lianes permettent d’ajouter une multitude de fleurs sans nécessiter d’espace supplémentaire au sol.
Comme le souligne Gail Langellotto, entomologiste à l’université d’État de l’Oregon, « l’abondance florale est l’un des moyens les plus puissants de favoriser la diversité des abeilles dans les jardins ». Les plantes grimpantes mellifères, en accumulant des centaines de fleurs sur un simple treillis ou une arche, attirent de nombreux pollinisateurs.
Comment choisir les meilleures plantes grimpantes ?
Avant de planter, il est essentiel d’observer l’emplacement de votre clôture. Est-elle exposée au plein soleil, à l’ombre ou à des vents forts ? Certaines espèces, comme la glycine, la bignone ou la passiflore, prospèrent sous le soleil, tandis que d’autres comme le lierre ou l’hortensia grimpant se contentent d’un mur au nord tout en attirant les insectes.
Un autre critère à prendre en compte est la période de floraison. Il est préférable d’étaler les floraisons du printemps à l’automne. Les chèvrefeuilles et les glycines peuvent ouvrir la saison, suivis par des bignones et des passiflores en été, tandis que les clématites et les lierres nourriront les insectes en fin de saison. N’oubliez pas que plus de 75 % des abeilles sauvages nichent dans le sol, il est donc judicieux de laisser quelques zones de terre nue au pied de la clôture.
Pour créer un véritable corridor de biodiversité, il est possible d’associer plusieurs espèces de plantes grimpantes. Chacune apportera sa contribution à la diversité florale et à l’attraction des pollinisateurs.
En ajoutant un point d’eau, en évitant les pesticides et en maintenant quelques zones de sol nu, votre clôture se transformera en un corridor vivant, accueillant de nombreux pollinisateurs. Il est temps de repenser nos clôtures et de leur donner un nouveau rôle dans la préservation de la biodiversité.