Caracas : la police disperse des manifestants réclamant des hausses de salaire

Le 9 avril 2026, la situation s’est intensifiée à Caracas, au Venezuela, où la police a dispersé une manifestation rassemblant environ 2.000 personnes. Ces dernières se sont mobilisées pour réclamer des augmentations de salaire devant le palais présidentiel de Miraflores. Des témoins de l’AFP ont rapporté que les forces de l’ordre, équipées de gaz lacrymogènes, ont procédé à des dispersions après un face-à-face tendu avec les manifestants, qui arboraient fièrement le drapeau national.

EN BREF

  • La police a utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser des manifestants à Caracas.
  • Les syndicats dénoncent des salaires gelés et insuffisants depuis quatre ans.
  • La présidente par intérim a promis une « augmentation responsable » des salaires pour le 1er mai.

La mobilisation de jeudi n’est pas un événement anodin. Elle survient dans un contexte marqué par des années de répression des manifestations au Venezuela, particulièrement celles de l’opposition au président Nicolas Maduro, qui a perdu son poste en 2024. Les syndicats, à l’origine de cet appel à la mobilisation, mettent en avant des salaires jugés « de misère », maintenus à un niveau insoutenable depuis quatre ans. Malgré les promesses de la présidente par intérim, Delcy Rodriguez, qui a évoqué une future augmentation des salaires, beaucoup restent sceptiques quant à la portée réelle de ces annonces.

Mariela Diaz, une retraitée de 65 ans, n’a pas caché son indignation en affirmant : « On demande un salaire digne maintenant, parce que c’est une farce ce qu’a dit Delcy Rodriguez hier soir. » De son côté, Mauricio Ramos, 71 ans, a ajouté : « Ça suffit, les mensonges, les pseudo-augmentations de salaire. Ils veulent faire passer pour hausse de salaire une augmentation des primes versées par le gouvernement. » Ces paroles illustrent le désespoir et la frustration croissante au sein de la population face à une situation économique désastreuse.

Actuellement, le salaire minimum mensuel au Venezuela s’élève à seulement 0,27 dollar, alors que l’inflation annuelle dépasse les 600 %. Bien que certains salaires puissent atteindre jusqu’à 150 dollars grâce aux primes gouvernementales, ce montant reste largement insuffisant pour couvrir le coût d’un panier alimentaire de base qui est estimé à 645 dollars. Cette réalité économique a poussé de nombreux Vénézuéliens à exprimer leur colère et leur désespoir dans la rue.

La présidente par intérim, qui a succédé à Nicolas Maduro après son arrestation par l’armée américaine le 3 janvier, a fait savoir que les « erreurs » économiques du passé devaient être rectifiées. Sous une pression internationale croissante, elle a opéré plusieurs changements notables, notamment en adoptant une loi d’amnistie pour libérer des prisonniers politiques et en réformant le secteur pétrolier pour le rendre plus attractif aux investisseurs privés.

Alors que le pays s’enfonce chaque jour un peu plus dans la crise, le mécontentement grandissant pourrait bien donner lieu à d’autres mobilisations. La question demeure : jusqu’où les Vénézuéliens sont-ils prêts à aller pour défendre leurs droits et obtenir des conditions de vie dignes ? Les événements de ce jeudi à Caracas n’en sont qu’un exemple parmi tant d’autres dans une lutte qui semble loin d’être terminée.