Le président américain Donald Trump a émis des avertissements fermes à l’Iran concernant l’éventualité d’un péage pour les navires traversant le détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique pour le transport de pétrole. Ce jeudi 9 avril, il a déclaré sur la plateforme Truth Social que Téhéran devrait s’abstenir de toute telle mesure, sous peine de conséquences sérieuses.
EN BREF
- Trump avertit l’Iran de ne pas imposer de péage sur le détroit d’Ormuz.
- Le président a évoqué la possibilité d’une coentreprise pour sécuriser le trafic maritime.
- La France s’oppose fermement à l’idée de péage dans les eaux internationales.
Cette déclaration intervient alors que l’Iran avait déjà bloqué le détroit d’Ormuz ces dernières semaines. Dans son message, Trump a relayé des informations selon lesquelles l’Iran envisageait de faire payer des frais aux pétroliers. Une source iranienne avait, de son côté, confirmé que ce mécanisme pourrait être maintenu malgré le cessez-le-feu précaire qui a été établi entre les deux pays.
La position de Trump a suscité des interrogations, surtout après qu’il avait semblé ouvrir la porte à l’idée d’un péage maritime. Lors d’une interaction avec un journaliste d’ABC, il avait évoqué une « joint-venture », une coopération qui, selon lui, pourrait contribuer à sécuriser le passage des navires et à protéger les intérêts américains. Il avait également promis que les États-Unis interviendraient pour faciliter le trafic dans cette région vitale pour le commerce mondial.
Dans un autre message, Trump a affirmé : « Très rapidement, vous allez voir le pétrole commencer à couler à flots, avec ou sans l’aide de l’Iran. » Il a également critiqué l’Iran pour sa gestion du transit pétrolier, qualifiant ses efforts de « mauvais boulot ». Ce retournement de situation soulève des questions sur la stratégie américaine dans la région et sur la manière dont elle pourrait influer sur le marché pétrolier mondial.
Le Financial Times rapporte qu’actuellement, l’Iran demanderait 1 dollar par baril de pétrole passant par le détroit, paiement qui devrait être effectué en cryptomonnaies. Avant la crise, environ 20 millions de barils étaient transportés quotidiennement à travers cette voie.
La question du péage maritime a également été abordée par des responsables européens. Jean-Noël Barrot, ministre français, a souligné que la liberté de navigation dans les eaux internationales est un principe fondamental qui ne devrait pas être entravé. « Personne ne l’accepterait, tout simplement parce que c’est illégal. Les eaux internationales sont libres à la circulation des navires », a-t-il affirmé sur France Inter.
Il est important de noter que la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, adoptée par de nombreux pays, y compris Oman, interdit l’imposition d’une dîme pour le passage dans des eaux internationales comme celles du détroit d’Ormuz. Cependant, Téhéran pourrait, selon les règles en vigueur, appliquer des frais pour des services spécifiques tels que le pilotage ou le remorquage, ce qui complique davantage la situation maritime dans cette région.
Ce développement met en lumière la complexité des relations internationales autour du détroit d’Ormuz et les enjeux économiques et politiques qu’il soulève. Alors que les tensions persistent, la communauté internationale reste vigilante face à l’évolution de cette situation délicate.