Donald Trump menace l’Iran sur le péage maritime au détroit d’Ormuz

Le 9 avril, Donald Trump a exprimé des inquiétudes concernant l’intention de l’Iran d’imposer un péage aux navires traversant le détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique. Sur son réseau social Truth Social, le président américain a averti Téhéran de ne pas aller de l’avant avec cette initiative, soulignant que cela pourrait entraîner des conséquences. Cette déclaration intervient alors qu’un cessez-le-feu précaire entre les États-Unis et l’Iran est en cours.

EN BREF

  • Trump met en garde l’Iran contre un péage pour les navires au détroit d’Ormuz.
  • Une source iranienne a évoqué l’instauration de ce péage malgré le cessez-le-feu.
  • La France critique l’idée, affirmant que la liberté de navigation est un bien commun.

Dans son message, Trump a fait référence à des informations selon lesquelles l’Iran envisageait de faire payer des frais aux pétroliers circulant dans le détroit. Ce dernier a été au centre d’une attention accrue récemment, alors que Téhéran avait déjà bloqué cette voie maritime cruciale par le passé. L’ancien président a insisté sur le fait que l’Iran ne devrait pas procéder à ce péage, avertissant qu’ils « feraient mieux d’arrêter maintenant ».

Cette position de Trump semble contrastée avec une déclaration faite la veille, où il avait évoqué la possibilité d’une « joint-venture » pour gérer le péage. Lors d’une interview avec le média ABC, il avait suggéré que ce mécanisme pourrait sécuriser le transit et limiter la concurrence. « C’est magnifique », avait-il ajouté, soulevant des questions sur ses véritables intentions.

Suite à cette volte-face, Trump a réitéré sa position en promettant que le pétrole commencerait à circuler « très rapidement », avec ou sans le soutien de l’Iran. Dans un autre message, il a critiqué la gestion iranienne du passage, qualifiant leurs actions de « mauvais boulot » et rappelant que cela n’était pas conforme à l’accord convenu.

Selon des informations relayées par le Financial Times, l’Iran proposerait un tarif d’un dollar par baril de pétrole traversant le détroit, à régler en cryptomonnaies. Avant la crise actuelle, environ 20 millions de barils étaient transportés quotidiennement par cette voie. La mise en place d’un tel péage soulève des préoccupations quant à la liberté de navigation dans les eaux internationales.

Jean-Noël Barrot, ministre français des Transports, a également exprimé son opposition à cette idée, affirmant sur France Inter que « la liberté de navigation dans les eaux internationales est un bien commun » et qu’aucune entrave ne devrait être appliquée. Il a souligné que « personne ne l’accepterait, tout simplement parce que c’est illégal ».

Il convient de noter que la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, que l’Oman a signée mais que les États-Unis et l’Iran n’ont pas ratifiée, interdit l’application d’un péage pour le simple passage dans des zones comme le détroit d’Ormuz. Cependant, Téhéran pourrait légalement imposer des frais pour des services spécifiques, tels que le pilotage ou le remorquage.

La situation au détroit d’Ormuz reste tendue, reflétant non seulement les relations complexes entre les États-Unis et l’Iran, mais aussi les enjeux économiques liés à l’approvisionnement énergétique mondial. En attendant, le monde attend de voir comment cette situation évoluera, notamment avec les déclarations contradictoires de Trump.