Le 10 avril 2026, Min Aung Hlaing, le chef de la junte birmane, a officiellement été investi président lors d’une cérémonie au Parlement à Naypyidaw. Ce développement marque une nouvelle étape dans la consolidation de son pouvoir qui a débuté avec le coup d’État de 2021 ayant renversé le gouvernement démocratiquement élu d’Aung San Suu Kyi.
EN BREF
- Min Aung Hlaing a prêté serment en tant que président de la Birmanie.
- Les élections précédentes ont été critiquées comme une manœuvre pour légitimer le régime militaire.
- Le nouveau gouvernement est majoritairement composé de militaires, consolidant le contrôle de l’armée.
Dans son discours inaugural, Min Aung Hlaing, âgé de 69 ans, a affirmé son engagement à « faire prospérer les principes éternels de justice, de liberté et d’égalité ». Il a également exprimé sa volonté de mener le pays vers un avenir prometteur, tout en reconnaissant les nombreux défis qui l’attendent. Ces déclarations interviennent alors que la Birmanie est plongée dans une guerre civile depuis le coup d’État, avec des groupes pro-démocratie et des minorités ethniques en lutte contre la junte.
Le scrutin ayant abouti à cette présidence, tenu en décembre et janvier derniers, a été largement critiqué. Présenté comme un retour vers la démocratie, il a été marqué par l’absence de véritables opposants, la majorité des sièges ayant été remportés par des partis pro-militaires. La junte a ainsi orchestré un transfert de pouvoir interne, sous couvert d’une façade civile.
La composition du nouveau gouvernement est révélatrice de cette continuité militaire : plus de deux tiers des 30 ministres sont des militaires en service ou retraités, certains d’entre eux ayant déjà fait l’objet de sanctions internationales. Min Aung Hlaing a démissionné de son poste de général en chef pour accéder à la présidence, une décision qui coïncide avec les festivités du Nouvel An birman, symbolisant le renouveau.
Les observateurs internationaux et de nombreux pays ont dénoncé cette élection, y voyant une manipulation visant à renforcer la légitimité du régime militaire. Dans ce contexte, la Chine a été un soutien constant, encourageant les discussions sur des projets d’infrastructures longtemps suspendus en raison de la guerre.
Min Aung Hlaing a également évoqué, lors de son discours, la nécessité de « soutenir la réconciliation sociale, la justice et la paix ». Toutefois, les détails concernant les éventuelles amnisties proposées restent flous. L’armée, qui a exercé son pouvoir durant la majeure partie de l’histoire birmane, se positionne comme la garante de la stabilité du pays, malgré les troubles persistants.
Les relations diplomatiques avec les pays voisins, notamment la Thaïlande et l’Inde, semblent également au cœur des préoccupations de Min Aung Hlaing, qui cherche à rétablir des liens normaux avec l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (Asean). Le Premier ministre thaïlandais a d’ailleurs adressé ses félicitations, soulignant le potentiel de renforcement des relations entre les deux pays sous la direction de la nouvelle présidence.
La situation en Birmanie demeure préoccupante, avec des tensions croissantes entre la junte et les forces pro-démocratie. Les défis auxquels le nouveau gouvernement sera confronté sont d’une ampleur considérable, alors que le pays continue de naviguer à travers une crise profonde.