La CGT dénonce le rejet d’une loi sur le travail du 1er-Mai à l’Assemblée nationale

Le 10 avril 2026, l’Assemblée nationale a rejeté une proposition de loi visant à autoriser le travail de certains salariés le 1er mai, journée symbolique pour les travailleurs. Cette décision a été qualifiée de « coup de poignard » par la Confédération générale du travail (CGT), qui a dénoncé cette manœuvre tactique orchestrée par le groupe Ensemble pour la République, dirigé par Gabriel Attal.

EN BREF

  • Rejet d’une loi sur le travail du 1er-Mai par l’Assemblée nationale.
  • La CGT qualifie cette manœuvre de « coup de poignard ».
  • La proposition visait à permettre à certains commerces de travailler ce jour-là.

Le texte a été rejeté par 120 voix contre 105, les députés de gauche, ainsi que le MoDem, s’opposant principalement à la méthode plutôt qu’au contenu de la loi. Cette manœuvre a été mise en place pour éviter une obstruction prolongée des débats par l’opposition, selon Nicole Dubré-Chirat, députée Renaissance.

Suite à ce rejet, le texte a été immédiatement renvoyé devant une commission mixte paritaire, prévue pour le mardi suivant, dans l’espoir d’une adoption rapide. Les partisans de la loi souhaitent qu’elle soit appliquée dès le 1er mai 2026, mais la CGT et d’autres syndicats s’opposent fermement à cette initiative, arguant que le 1er mai ne doit pas être un jour de travail ordinaire.

Jean-Pierre Farandou, président de la SNCF, a exprimé son soutien à la préservation du symbole que représente le 1er mai. Il a également promis que les supermarchés et hypermarchés seraient exclus de cette loi, un point qui pourrait faire l’objet de discussions avec les partenaires sociaux.

Dans une ambiance tendue, les députés de gauche ont entonné la Marseillaise pour protester contre ce qu’ils appellent un « 49.3 parlementaire ». Des manifestations ont également eu lieu aux abords de l’Assemblée, rassemblant des sympathisants de la CGT, dont sa secrétaire générale, Sophie Binet.

Laurent Wauquiez, chef du groupe Les Républicains, a salué cette décision comme une victoire contre l’obstruction politique, affirmant que la France insoumise sème le chaos dans l’hémicycle.

Marylise Léon, représentante de la CFDT, a rappelé que le 1er mai est un jour férié crucial pour la célébration des travailleurs. La proposition de loi, déjà adoptée au Sénat, vise à permettre à certains commerces de travailler ce jour-là, mais sous des conditions strictes.

Le code du travail stipule que le 1er mai est un jour férié et chômé, mais il permet déjà à certains artisans de travailler, sous certaines conditions. La nouvelle loi vise à clarifier les règles pour les commerces de proximité, notamment les boulangeries, pâtisseries et fleuristes, tout en excluant la grande distribution.

Les employés souhaitant travailler ce jour-là seraient payés double, mais seuls ceux qui se portent volontaires pourraient être concernés. Le texte précise également que le refus de travailler le 1er mai ne pourrait pas être un motif de licenciement.

Cependant, des critiques ont émergé concernant le concept de « volontariat ». Natalie Huyghe, employée en jardinerie, a exprimé ses réserves, soulignant que cette mesure pourrait ouvrir la voie à des abus dans d’autres secteurs. De même, Hadjia Djebbar, militante CGT, a mis en garde contre l’extension de ce principe à d’autres métiers.

Le 1er mai demeure une date symbolique, rappelant l’histoire des luttes ouvrières pour des conditions de travail plus justes. Cette tradition remonte à 1886, lorsque des syndicats américains ont appelé à une grève pour réclamer la journée de huit heures, un mouvement qui a coûté la vie à plusieurs grévistes et policiers.

Alors que le débat se poursuit, la question de la préservation du 1er mai comme jour de célébration des travailleurs reste au cœur des préoccupations syndicales. La suite des événements s’annonce donc cruciale pour l’avenir des droits des travailleurs en France.