Le tribunal de Harnosand, en Suède, a entamé le procès d’un sexagénaire accusé d’avoir exploité sa femme en la poussant à se prostituer auprès de 120 hommes. L’individu, âgé de 62 ans, se défend de ces accusations qui incluent des chefs de proxénétisme aggravé et de viols.
EN BREF
- Un sexagénaire est accusé d’avoir forcé sa femme à se prostituer.
- Il aurait tiré profit de sa vulnérabilité, notamment par des menaces.
- Le procès fait état de 120 clients, dont 26 déjà inculpés.
Le suspect, qui a été arrêté en octobre 2024, a été dénoncé par son épouse, qui a évoqué une situation de vulnérabilité due à la drogue et à l’alcool. Lors de son comparution devant le tribunal, il est apparu calme, bien que sa défense indique qu’il conteste les accusations portées contre lui.
Le procureur, Ida Annerstedt, a décrit comment l’accusé aurait manipulé sa compagne pour l’inciter à se livrer à des actes sexuels tarifés. Il aurait même créé des annonces en ligne, organisé des rendez-vous et surveillé les interactions de sa femme avec les clients. Ces actions ont été qualifiées d’exploitation impitoyable par la procureure.
La loi suédoise, tout en interdisant l’achat de services sexuels, permet leur vente, ce qui rend cette affaire particulièrement complexe. Le tribunal a été informé que l’accusé aurait profité de la vulnérabilité de sa femme, qui était sous son emprise et craignait des représailles. En effet, il aurait menacé de se suicider si elle tentait de le quitter.
En plus des accusations de proxénétisme, l’homme fait face à des charges de viol. Selon l’acte d’accusation, il aurait commis huit viols, dont un impliquant un client. L’avocate de la défense, Martina Michaelsdotter, a insisté sur le fait que son client n’avait pas exercé de pression sur sa femme, affirmant qu’il y avait eu une forme de consentement de sa part.
Les faits se seraient déroulés sur une période allant du 11 août 2022 au 21 octobre 2024. La procureure a également mentionné que 120 personnes avaient été identifiées comme clients, dont 26 ont déjà été inculpées pour l’achat de services sexuels.
Cette affaire a suscité une onde de choc en Suède, rappelant un autre cas notable survenu en France. En 2024, Dominique Pelicot a été condamné à 20 ans de réclusion pour avoir drogué sa femme afin de la livrer à des inconnus.
Le procès se poursuivra à huis clos, dans une salle où la plaignante suit les débats par liaison vidéo, préservant ainsi son anonymat. Les enjeux de cette affaire soulèvent des questions sur la protection des victimes et la manière dont la société traite les cas d’exploitation sexuelle.