La direction nationale de la police judiciaire au cœur de la lutte contre le crime organisé

Ce jeudi, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé à Marseille un nouveau plan d’action destiné à lutter contre le crime organisé, plaçant la Direction nationale de la police judiciaire (DNPJ) en première ligne de cette bataille. Cette initiative survient dans un contexte où la criminalité organisée représente une menace croissante pour la sécurité nationale, en particulier dans une ville marquée par des règlements de comptes entre réseaux.

EN BREF

  • Le ministre de l’Intérieur annonce un nouveau plan d’action contre le crime organisé.
  • La DNPJ est désignée comme chef de file dans la lutte contre le narcotrafic.
  • Des tensions émergent avec la gendarmerie suite à cette réorganisation.

La circulaire de 10 pages, datée du 25 mars, détaille les priorités du ministre, qui évoque la puissance financière et l’internationalisation des réseaux criminels. Il souligne également la violence des trafiquants et leur exploitation des personnes vulnérables, notamment les mineurs. La DNPJ aura pour mission de piloter et de coordonner les actions des différents services, tels que la gendarmerie et la douane, afin d’optimiser la lutte contre les groupes criminels.

Les priorités fixées par Laurent Nuñez incluent l’identification des routes d’approvisionnement en drogues, la création d’une liste d’objectifs prioritaires et l’arrêt des activités criminelles depuis les prisons. Cette réorganisation vise à renforcer l’efficacité des opérations menées contre le narcotrafic.

Cependant, cette décision ne fait pas l’unanimité au sein des forces de l’ordre. La gendarmerie, qui a récemment réalisé l’opération Octopus contre la DZ Mafia, manifeste des réticences quant à cette mise à l’écart. Cette opération, qui a mobilisé près de 900 personnels, a permis d’interpeller une quarantaine de personnes, dont 26 mises en examen. Une source proche du dossier tempère en indiquant que les magistrats choisissent d’ordinaire le service à saisir en fonction des besoins spécifiques de chaque affaire.

Du côté des policiers, on estime que la DNPJ a un rôle légitime à jouer dans cette lutte, puisque la police traite déjà la majorité des affaires de crime organisé. Une source policière affirme que cette nouvelle organisation n’est qu’une remise en ordre des responsabilités, permettant de clarifier les rôles de chacun dans la lutte contre le crime.

Il apparaît également que cette décision est symptomatique d’une lutte d’influence au sein des différents services. Un fonctionnaire a révélé que les commissaires se plaignent de la réforme de 2024, qui a vu les préfets reprendre le leadership, ce qui a entraîné des efforts de lobbying pour préserver leur statut. Ce climat de tension soulève des questions sur l’efficacité de cette nouvelle organisation, certains doutant de sa capacité à produire des résultats concrets.

Cette réorganisation de la lutte contre le crime organisé pourrait ainsi marquer un tournant dans la manière dont les services de police et de gendarmerie collaborent, bien que les réticences et les tensions risquent de compliquer la mise en œuvre de ce projet ambitieux.