Patrick Balkany face à la justice : un an de prison ferme requis pour détournement de fonds

Ce vendredi, au tribunal de Nanterre, Patrick Balkany, ancien maire de Levallois-Perret, a été la cible de réquisitions sévères de la part du parquet. Le ministère public a demandé un an de prison ferme, assorti d’un sursis probatoire de trois ans, pour des faits de détournement de fonds publics liés à l’utilisation de chauffeurs municipaux à des fins personnelles.

EN BREF

  • Un an de prison ferme requis contre Patrick Balkany pour détournement de fonds publics.
  • Le procureur a dénoncé un comportement « démiurgique » de l’ancien maire.
  • La décision du tribunal sera rendue le 28 mai prochain.

Le procureur a décrit Patrick Balkany comme un « démiurge omnipotent », soulignant que l’ancien édile avait détourné trois policiers municipaux de leurs fonctions, les réduisant à des « larbins » et « hommes à tout faire ». Ce comportement a été qualifié de mépris pour le droit, le magistrat rappelant que le respect des lois devrait être une « vertu cardinale » pour tout élu.

Les réquisitions du parquet incluent également une amende de 150 000 euros, ainsi qu’une interdiction d’exercer toute fonction publique pendant dix ans. Le procureur a précisé que les frais engendrés par ces détournements s’élevaient à au moins 250 000 euros, ajoutant que la confiance des contribuables avait été trahie.

La défense, représentée par Me Robin Binsard, a vivement contesté ces accusations. L’avocat a dénoncé ce qu’il considère comme une « purge » judiciaire, raillant le manque de preuves tangibles dans une instruction qui s’est étalée sur 16 ans. Il a ironisé sur l’absence de géolocalisation pour prouver l’utilisation illicite des chauffeurs, qualifiant le dossier de « vide » et déplorant la demande de peine disproportionnée.

Me Binsard a également rappelé que son client n’était pas un « énarque » et qu’il devait faire confiance à son directeur de cabinet et à sa directrice générale des services concernant la légalité des recrutements. Bien que l’avocat ait admis que des voyages personnels avaient eu lieu, il a insisté sur le fait que Patrick Balkany payait de sa poche pour ces déplacements.

La tension est montée au fur et à mesure de l’audience, avec la défense accusant le parquet de mener un « acharnement judiciaire ». Me Binsard a fait une comparaison cinglante avec Antoine Fouquier-Tinville, le procureur révolutionnaire, affirmant que les réquisitions étaient totalement déconnectées de la réalité.

Cette affaire n’est pas la seule qui préoccupe Patrick Balkany. Mercredi, 18 mois de prison ferme avaient déjà été requis contre lui dans une autre affaire d’emploi présumé fictif. Par ailleurs, la cour d’appel de Rouen a confirmé, jeudi, sa libération conditionnelle concernant ses précédentes condamnations.

Le tribunal a décidé de mettre sa décision en délibéré jusqu’au 28 mai, laissant Patrick Balkany dans l’attente d’un jugement qui pourrait marquer un tournant dans sa carrière politique déjà bien entachée par des scandales. Dans ce contexte, l’ancien maire se retrouve au cœur d’un débat sur l’éthique et la responsabilité des élus, un sujet qui ne manquera pas d’alimenter les discussions dans les semaines à venir.