Le dimanche 12 avril 2026, près de 500 manifestants ont défilé dans les rues de Paris pour réclamer l’abolition complète de la prostitution, à l’occasion du dixième anniversaire de l’adoption de la loi de 2016. Cette législation visait à lutter contre le phénomène de la prostitution en France, en pénalisant les clients plutôt que les personnes prostituées.
EN BREF
- 500 manifestants se sont rassemblés à Paris pour l’abolition de la prostitution.
- Des femmes « survivantes » de la prostitution ont témoigné lors de la manifestation.
- Le syndicat Strass conteste la loi de 2016, la qualifiant de « catastrophique » pour les travailleurs du sexe.
La manifestation, organisée devant le Panthéon, a été l’occasion pour plusieurs femmes, originaires de 14 pays, de partager leurs expériences. Elles se présentent comme des « survivantes » et ont souligné que la réalité de la prostitution n’est pas un choix libre, mais plutôt une conséquence de la pauvreté et de la discrimination sociale. Une femme coréenne, prenant la parole, a affirmé que « la réalité de la prostitution, c’est le résultat de l’isolement et de la précarité ».
Céline Thiebault-Martinez, députée socialiste de Seine-et-Marne et présidente du groupe d’étude sur la prostitution à l’Assemblée nationale, a déclaré que la France est devenue un modèle en matière d’abolition de la prostitution grâce à la loi de 2016. Toutefois, elle a également mis en lumière le manque de mesures de prévention, surtout face à l’augmentation de la prostitution chez les mineures.
Les manifestants, soutenus par 80 organisations, dont le Mouvement du nid, la fondation Scelles et le Collectif national pour les droits des femmes, arboraient des pancartes avec des slogans percutants tels que « la prostitution est violence » et « client homme normal comme Pelicot ». Ces messages soulignent l’importance de sensibiliser le public à la violence inhérente à la prostitution.
La loi de 2016 a abrogé le délit de racolage et a introduit la pénalisation des clients, qui encourent une amende pouvant atteindre 3.750 euros en cas de récidive. En outre, cette législation a mis en place un parcours de sortie pour les personnes prostituées, estimées à 40.000 en France, dont la majorité sont des femmes.
En parallèle, le syndicat Strass a organisé des débats et réflexions pour proposer une alternative politique à cette loi. Ce syndicat, ainsi que d’autres associations en faveur de la réglementation de la prostitution, critique le bilan de la loi de 2016, qu’ils jugent catastrophique, notamment en termes de précarisation et d’insécurité pour les travailleurs du sexe.
Alors que le débat sur la prostitution continue de susciter des passions, cette manifestation illustre les différentes perspectives qui existent sur cette question complexe. Les partisans de l’abolition et ceux qui prônent une réglementation se retrouvent face à des défis communs, notamment la protection des droits des personnes concernées et la lutte contre les violences faites aux femmes.