Carrefour annonce la mise en location-gérance de 50 magasins en 2026

Carrefour, l’un des leaders de la grande distribution en France, a annoncé son intention de passer cette année une cinquantaine de magasins en location-gérance. Cette décision, révélée ce lundi, comprend 36 supermarchés et 15 hypermarchés, dont au moins six anciens magasins Cora. Ce nombre représente une augmentation d’une dizaine de points par rapport à l’année précédente, 2025.

EN BREF

  • Carrefour prévoit de transférer 36 supermarchés et 15 hypermarchés en location-gérance.
  • Cette stratégie vise à réduire les pertes tout en maintenant la part de marché.
  • Les syndicats, notamment la CFDT, dénoncent cette approche comme un moyen de réduire les coûts au détriment des salariés.

Depuis l’arrivée d’Alexandre Bompard à la tête du groupe en 2017, Carrefour a régulièrement opté pour ce modèle de gestion, qui lui permet de conserver la propriété des fonds de commerce tout en transférant certaines responsabilités à des commerçants indépendants. Cette méthode, bien que critiquée par des syndicats comme la CFDT, aide Carrefour à maintenir sa compétitivité sur un marché difficile et à éviter la fermeture de certains hypermarchés en difficulté.

La première liste des magasins concernés, publiée ce lundi, englobe 44 points de vente. Parmi ceux-ci, six hypermarchés Cora et trois supermarchés Casino, récemment acquis par le groupe, sont inclus dans le plan de location-gérance. En revanche, l’hypermarché de Saint-Jean-de-Luz, qui génère des bénéfices, sera cédé sous un modèle de franchise, suscitant des critiques du syndicat qui y voit une incohérence dans la stratégie de Carrefour.

Les syndicats ont été informés que sept autres magasins pourraient également passer en location-gérance, avec des précisions à venir d’ici l’été. Carrefour vise ainsi à transférer un total de 15 hypermarchés cette année, un objectif similaire à celui de 2025.

Cyrille Lechevestrier, délégué syndical central chez Cora France, a qualifié cette situation de « coup de massue », indiquant que la location-gérance pourrait entraîner la perte d’accords d’entreprise, ainsi qu’une diminution significative des salaires pour les employés concernés. Selon la CFDT, 388 magasins ont été transférés en location-gérance depuis 2018, affectant plus de 30 500 salariés.

En réponse aux critiques, Carrefour a affirmé avoir renégocié une clause sociale qui s’applique aux repreneurs, promettant d’améliorer les garanties sociales pour les employés touchés par ces changements. Cependant, la CFDT conteste cet accord, soutenant qu’il limite la capacité des salariés à faire évaluer leur situation au niveau local.

Alors que Carrefour continue de naviguer dans un environnement économique complexe, ces décisions stratégiques de gestion des magasins soulèvent des questions sur l’avenir des employés et sur la manière dont le groupe compte maintenir son positionnement sur le marché.

Les développements à venir dans cette affaire seront suivis de près, tant par les syndicats que par les observateurs du secteur, alors que l’enseigne s’efforce d’adapter sa structure pour répondre aux défis contemporains de la distribution.