Le Fonds monĂ©taire international (FMI) a publiĂ©, ce mardi, un rapport alarmant concernant l’impact Ă©conomique de la guerre au Moyen-Orient, spĂ©cifiquement liĂ©e au conflit en Iran. Pierre-Olivier Gourinchas, le chef-Ă©conomiste de l’institution, a rĂ©vĂ©lĂ© une rĂ©vision Ă la baisse des prĂ©visions de croissance mondiale pour cette annĂ©e, tout en anticipant une inflation plus Ă©levĂ©e.
EN BREF
- Le FMI prévoit une croissance mondiale limitée à 3,1% en 2026.
- Les prĂ©visions d’inflation mondiale augmentent Ă 4,4% en moyenne.
- L’impact Ă©conomique de la guerre varie considĂ©rablement selon les rĂ©gions.
Le conflit, dĂ©butĂ© le 28 fĂ©vrier suite Ă des bombardements israĂ©lo-amĂ©ricains sur l’Iran, a provoquĂ© une onde de choc sur les marchĂ©s. Initialement, le FMI s’Ă©tait prĂ©parĂ© Ă relever ses prĂ©visions de croissance, mais la situation actuelle a conduit l’organisation Ă abaisser ses attentes. Selon M. Gourinchas, « nos prĂ©visions de rĂ©fĂ©rence se basent sur un conflit relativement court », mais l’incertitude persiste quant Ă la durĂ©e et Ă l’intensitĂ© de la guerre.
La croissance mondiale devrait ainsi se limiter Ă 3,1%, en baisse par rapport aux 3,3% % anticipĂ©s en janvier. Dans le pire des scĂ©narios, oĂč le conflit se prolongerait, la croissance pourrait chuter Ă 2% %, un niveau historiquement faible.
En parallĂšle, le FMI a ajustĂ© ses prĂ©visions d’inflation mondiale, qui devraient atteindre 4,4% %, soit une augmentation de 0,6 point par rapport aux estimations prĂ©cĂ©dentes. Gourinchas a soulignĂ© que, bien que le choc Ă©nergĂ©tique soit parmi les plus importants de l’histoire, son impact reste moins sĂ©vĂšre que celui de la crise pĂ©troliĂšre des annĂ©es 70. Cela s’explique par une dĂ©pendance Ă©nergĂ©tique rĂ©duite et une Ă©conomie mondiale devenue plus efficace.
Les Ătats-Unis, malgrĂ© le contexte, devraient se montrer relativement rĂ©silients, avec une croissance projetĂ©e de 2,3% en 2026, une lĂ©gĂšre baisse par rapport aux prĂ©visions antĂ©rieures. En revanche, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord sont les rĂ©gions les plus touchĂ©es par le conflit, avec des prĂ©visions de croissance divisĂ©es par deux. L’Arabie Saoudite, par exemple, voit sa croissance rĂ©visĂ©e Ă 3,1% %, soit une baisse de 1,4 point.
Ce contexte difficile touche aussi d’autres pays. En Asie, la Chine ne devrait perdre que 0,1 point de croissance, atteignant 4,4% %, tandis que l’Inde voit ses prĂ©visions lĂ©gĂšrement ajustĂ©es Ă la hausse, Ă 6,5% %. La Russie, quant Ă elle, enregistre une rĂ©vision positive de sa croissance, dĂ©sormais estimĂ©e Ă 1,1% %, grĂące Ă la hausse des prix du pĂ©trole.
Dans les Ă©conomies avancĂ©es, le Royaume-Uni est le plus impactĂ©, avec une prĂ©vision de croissance rĂ©duite Ă 0,8% %. La zone euro, quant Ă elle, voit sa croissance Ă©galement rĂ©visĂ©e Ă la baisse, Ă 1,1% %, avec des disparitĂ©s importantes entre les pays. La France, pour sa part, est moins affectĂ©e que l’Italie ou l’Allemagne, avec un recul de 0,1 point, atteignant 0,9% %.
Ce rapport du FMI met en lumiĂšre non seulement les dĂ©fis Ă©conomiques que pose la guerre en Iran, mais Ă©galement la complexitĂ© des rĂ©actions Ă©conomiques Ă cette crise mondiale. Les acteurs Ă©conomiques devront naviguer dans un paysage incertain, oĂč les prĂ©visions peuvent rapidement changer en fonction de l’Ă©volution du conflit.