Zakaria Yamani Najam, un étudiant en droit de 21 ans, lève le voile sur les pratiques qu’il considère comme abusives au sein de l’enseigne Grand Frais. Après un an et demi d’expérience au rayon fruits et légumes du magasin de Viriat, près de Bourg-en-Bresse, il affirme que le modèle social de cette enseigne va bien au-delà de ses murs et doit être remis en question.
EN BREF
- Zakaria Najam dénonce un harcèlement moral au sein de Grand Frais.
- Il réclame justice pour lui et pour l’ensemble des employés victimes de ce système.
- Le jugement du Conseil de prud’hommes est attendu le 11 septembre 2026.
Embauché en février 2023 pour un contrat de 10 heures hebdomadaires, Zakaria a rapidement constaté les dysfonctionnements au sein de l’enseigne. Son employeur officiel, « Les Jardins de Viriat », une société filiale de Prosol, l’a mis en contact avec une réalité qu’il décrit comme « opaque » et « dangereuse » pour les salariés. Ce décalage entre l’entité affichée et l’employeur réel a contribué à créer un environnement de travail qu’il juge délétère.
Dans sa plainte déposée auprès du Conseil de prud’hommes de Bourg-en-Bresse, il évoque un « harcèlement banalisé » qui l’a contraint à démissionner. Il fait état de propos inappropriés de la part de ses supérieurs diffusés sur un groupe WhatsApp et d’une procédure disciplinaire qu’il conteste. L’audience initiale, qui s’est tenue le 10 avril 2026, a été mise en délibéré et le jugement doit être rendu le 11 septembre 2026.
Zakaria met en lumière le fonctionnement en cascade du système Grand Frais. Les rayons sont gérés par plusieurs sociétés, chacune comptant moins de onze salariés, ce qui empêche la mise en place d’un comité social et économique. Cette structure, selon l’union syndicale SUD-Solidaires, est répandue dans près de 300 magasins du groupe Prosol, qui génère un chiffre d’affaires de 2,5 milliards d’euros tout en employant environ 2 000 personnes.
Le 9 janvier 2023, le tribunal judiciaire de Lyon a reconnu une unité économique et sociale entre ces sociétés, ouvrant ainsi la voie à l’organisation d’élections pour des représentants du personnel. Zakaria estime que cette organisation favorise un management toxique, laissant les employés sans voix face à leur hiérarchie.
Sur le plan personnel, Zakaria a demandé une indemnisation de 600 euros, mais il souligne que ce n’est pas une question d’argent. « Je ne fais pas cela pour gagner de l’argent, mais pour dénoncer une organisation qui laisse les salariés livrés à eux-mêmes », a-t-il déclaré à Actu.fr. Son engagement s’appuie non seulement sur son expérience personnelle, mais également sur les connaissances acquises durant ses études en droit.
Cette action en justice dépasse le cadre individuel et s’inscrit dans un mouvement plus vaste de contestation du modèle de travail chez Grand Frais, soutenu par SUD-Solidaires. L’enseigne et la société Prosol n’ont pas fourni de réponse détaillée aux accusations formulées, et aucune condamnation n’a encore été prononcée dans ce dossier. Le jugement à venir sera observé de près par les employés de Viriat, mais aussi par ceux d’autres magasins qui partagent cette structure.
En somme, l’affaire soulève des questions fondamentales sur les conditions de travail au sein de l’enseigne Grand Frais. L’avenir des pratiques managériales et la protection des droits des salariés demeurent en jeu, alors que Zakaria continue de lutter pour des changements significatifs au sein de cette organisation.