UFC-Que Choisir : Une nouvelle méthode pour mettre fin aux appels de démarchage

Le démarchage téléphonique continue de perturber la vie de millions de Français. Malgré l’existence de dispositifs comme Bloctel, les appels indésirables persistent. Alors que le cadre législatif évolue vers une interdiction plus stricte d’ici août 2026, l’urgence de trouver des solutions immédiates se fait pressante. Comment réduire ces appels incessants sans se compliquer la vie ?

EN BREF

  • 97 % des Français sont excédés par le démarchage téléphonique.
  • Une interdiction stricte entrera en vigueur en août 2026.
  • L’UFC-Que Choisir propose des méthodes simples pour réduire les appels indésirables.

Traditionnellement, la lutte contre le démarchage téléphonique reposait sur la responsabilité des consommateurs, qui devaient s’inscrire sur une liste d’opposition et signaler les abus. Ce cadre, bien que toujours en place, n’a pas suffi à apaiser le mécontentement croissant. Avec la loi du 30 juin 2025, le démarchage téléphonique sera interdit sans le consentement préalable des consommateurs, une évolution majeure qui inverse la logique actuelle. À partir du 11 août 2026, les entreprises devront prouver qu’elles ont le droit d’appeler.

Pourtant, en attendant cette réforme, la réalité est bien différente. Les appels commerciaux continuent à inonder les lignes des particuliers. L’UFC-Que Choisir signale une lassitude généralisée. Selon leurs enquêtes, 97 % des Français se disent exaspérés par ces pratiques. Ce phénomène dépasse le cadre commercial, affectant la tranquillité des citoyens et leur confiance envers leur téléphone.

La première ligne de défense reste le service Bloctel. Ce service public permet aux utilisateurs de s’inscrire gratuitement pour refuser d’être démarchés. Chaque particulier peut y inscrire jusqu’à huit numéros. Cependant, Bloctel n’est pas infaillible. Certains démarchages continuent d’échapper à son contrôle, notamment ceux liés à des acteurs frauduleux ou à des pratiques illégales.

Si les appels persistent, une autre option s’offre aux consommateurs : le signalement. La plateforme SignalConso permet de faire remonter les abus à la DGCCRF. Bien que cette démarche soit utile pour documenter des pratiques répétées, elle ne fournit pas une solution immédiate pour retrouver le calme. Par ailleurs, il est crucial de rappeler que le démarchage téléphonique n’est autorisé que pendant certaines plages horaires.

Face à un appel indésirable, la réaction la plus courante est de décrocher. Pourtant, chaque interaction a de la valeur pour les opérateurs de démarchage. Répondre peut valider l’existence d’un numéro, incitant ainsi à d’autres appels. Ce mécanisme explique pourquoi certains consommateurs reçoivent davantage d’appels après avoir répondu une fois. L’UFC-Que Choisir observe cette tendance croissante des appels non sollicités en 2025.

Les appels frauduleux, quant à eux, se mêlent aux appels commerciaux légitimes, rendant la situation encore plus confuse. Les consommateurs ne savent plus à qui ils ont affaire, et les conseils théoriques deviennent insuffisants. L’UFC-Que Choisir propose une approche pragmatique, combinant plusieurs leviers d’action.

La première étape consiste à s’inscrire sur Bloctel pour marquer son refus. Ensuite, il est conseillé de signaler les abus récurrents via SignalConso. Enfin, il est possible d’utiliser les fonctionnalités de filtrage des appels sur les smartphones modernes. Ces outils permettent de distinguer les appels indésirables des appels attendus.

Connaître les plages horaires et les numéros souvent utilisés pour le démarchage aide également à éviter des réponses automatiques. Ces protections ne mettent pas fin aux appels, mais elles réduisent le bruit de fond et aident à mieux gérer les communications entrantes.

Pour répondre à la question cruciale de savoir quoi faire quand le téléphone sonne encore, l’UFC-Que Choisir offre un conseil surprenant : ne rien faire. L’interaction avec l’appelant, qu’elle soit brève ou non, peut fournir la « preuve de vie » que recherche le démarchage. Ne pas décrocher empêche l’appelant de confirmer que le numéro est actif, ce qui pourrait réduire les appels au fil du temps.

En somme, la meilleure méthode immédiate contre le démarchage téléphonique pourrait bien être l’inactivité, une approche qui peut sembler frustrante, mais qui pourrait s’avérer efficace à long terme.