Se masturber au sein d’un couple est une pratique courante et naturelle, souvent mal comprise. Selon le « Sex Report 2026 » de la boutique en ligne Adam & Eve, 85 % des hommes et 65 % des femmes avouent se livrer à l’onanisme, même lorsqu’ils sont en couple. Pourtant, près d’un tiers des personnes engagées dans une relation n’en parlent pas ouvertement avec leur partenaire.
EN BREF
- 85 % des hommes et 65 % des femmes se masturbent, même en couple.
- Gilbert Bou Jaoudé identifie trois types de masturbation au sein des couples.
- La communication ouverte sur le sujet est essentielle pour renforcer la complicité.
D’après le médecin sexologue Gilbert Bou Jaoudé, qui a partagé son expertise dans l’émission « Allô Docteurs » sur France 5, la masturbation dans une relation peut être classée en trois types de situations. Il souligne que la fréquence de la masturbation n’est pas en elle-même problématique. Ce qui importe, c’est son impact sur la qualité de la vie intime du couple.
La masturbation, loin d’être un acte isolé, peut être bénéfique pour la relation. En s’explorant soi-même, chacun apprend à mieux se connaître, ce qui peut ensuite améliorer la qualité des rapports sexuels. « Lors de la masturbation, on va se découvrir, mieux se connaître. Ce qui va permettre ensuite, lors des rapports sexuels, de mieux guider notre partenaire sur nos préférences », explique Gilbert Bou Jaoudé.
Il arrive même que les sexologues prescrivent une « masturbation thérapeutique » dans certaines situations. Cela peut impliquer des exercices spécifiques, comme bouger son périnée pendant la masturbation, ou apprendre à se stimuler d’une manière différente pour prolonger le plaisir ou atteindre l’orgasme plus facilement. « Il y a des situations où la masturbation permet d’éviter que notre désir ne devienne une pression pour l’autre », ajoute le médecin.
Il est essentiel d’aborder ce sujet, parfois tabou, avec délicatesse. Gilbert Bou Jaoudé recommande de choisir un moment propice pour en discuter avec son partenaire, en évitant les reproches. Une approche ouverte, empreinte de curiosité et de bienveillance, est privilégiée.
Pour favoriser un dialogue constructif, il suggère de poser des questions telles que : « Qu’est-ce que cela signifie pour toi ? Est-ce plutôt un besoin, un plaisir, ou quelque chose qui complète ta sexualité ? » Ces échanges peuvent désamorcer les tensions, favoriser la compréhension mutuelle et renforcer la complicité au sein du couple.
Si la discussion sur la masturbation reste délicate ou si des souffrances persistent, le recours à un spécialiste ou à un thérapeute de couple peut s’avérer bénéfique. Aborder la sexualité, y compris la masturbation, de manière ouverte et honnête est une étape clé pour construire une relation épanouie.