Le 16 avril 2023, Hicham Harb, suspect principal de l’attentat antisémite de la rue des Rosiers à Paris, a été remis à la France après son extradition par l’Autorité palestinienne. Cette opération, saluée par le président Emmanuel Macron, marque une avancée significative dans la quête de justice pour les victimes de cet attentat tragique survenu en 1982.
EN BREF
- Hicham Harb extradé de Palestine à la France pour l’attentat de 1982.
- Six morts et 22 blessés lors de l’attaque au restaurant Jo Goldenberg.
- La justice française attend un futur procès pour les suspects de cet attentat.
Arrêté le 17 septembre 2025, Hicham Harb a été placé en rétention à son arrivée sur la base aérienne de Villacoublay, près de Paris. Le parquet national antiterroriste français a annoncé que le mandat d’arrêt émis à son encontre depuis 2015 lui sera notifié dès ce vendredi.
Cette extradition intervient dans un contexte où la France a récemment reconnu l’État de Palestine, un pas que le président palestinien Mahmoud Abbas a salué comme un cadre favorable pour cette demande. Le président français a également exprimé sa gratitude envers les autorités palestiniennes pour leur coopération dans cette affaire, soulignant l’importance de la lutte contre le terrorisme.
L’attentat de la rue des Rosiers, qui a coûté la vie à six personnes et blessé 22 autres, a été attribué au groupe palestinien Fatah-Conseil révolutionnaire (Fatah-CR), dissident de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). Ce drame a laissé une empreinte indélébile dans l’histoire française et dans la mémoire collective des communautés juives et palestiniennes.
Les avocats des parties civiles ont exprimé leur satisfaction face à cette extradition, espérant qu’elle conduira à un procès rapide et équitable. Romain Boulet, représentant deux familles de victimes, a déclaré à l’AFP que cette étape était cruciale pour la justice, après tant d’années d’attente.
La confirmation par la Cour de cassation de la tenue d’un futur procès pour les suspects de cet attentat a ravivé les espoirs de justice. Cependant, des voix s’élèvent également pour rappeler que le chemin reste semé d’embûches. Me Alain Jakubowicz, représentant une des familles de victimes, a exprimé ses inquiétudes quant aux délais et à l’impact que l’extradition de Harb pourrait avoir sur le calendrier judiciaire.
Hicham Harb, âgé de 72 ans, a suscité des réactions partagées. Alors que certains voient en lui un terroriste à traduire en justice, d’autres, comme son fils Bilal al-Adra, craignent pour sa sécurité et sa santé dans le cadre de la procédure judiciaire française. Bilal al-Adra a évoqué un appel désespéré de son père, exprimant ses craintes face à ce qu’il considère comme une extradition illégale.
Au-delà de l’affaire Harb, les autorités françaises continuent de surveiller d’autres suspects liés à cet attentat, notamment deux jordaniens qui sont restés en Jordanie malgré les demandes d’extradition. Le ministère français des Affaires étrangères a déploré la décision de la Cour suprême de Jordanie de ne pas répondre à ces requêtes, compliquant ainsi la quête de justice pour les victimes.
Alors que la France s’apprête à accueillir Hicham Harb, les familles des victimes espèrent que la lumière sera enfin faite sur cet épisode tragique, quarante-quatre ans après les faits. La procédure judiciaire, tant attendue, pourrait permettre de rendre hommage aux victimes de l’attentat de la rue des Rosiers et d’apporter un semblant de réconfort à ceux qui ont souffert de cette tragédie.