En avril 2026, une nouvelle forme d’escroquerie au colis a émergé, utilisant des technologies d’intelligence artificielle pour tromper les victimes. Ces arnaques, qui combinent messages vocaux, SMS personnalisés et images réalistes, sont devenues si sophistiquées qu’elles mettent en danger même les personnes les plus averties sur le numérique.
EN BREF
- Des escrocs utilisent l’IA pour générer des messages vocaux de livreurs fictifs.
- Les victimes reçoivent des SMS personnalisés avec leurs informations personnelles.
- Des conseils sont donnés pour éviter ces arnaques de plus en plus réalistes.
Le 10 avril 2026, une journaliste de RMC a reçu un message vocal d’un prétendu livreur, dont la voix semblait authentique. « Bonjour, c’est le livreur… », disait-il, exprimant un léger agacement. Pourtant, ce livreur n’existe pas. Sa voix a été générée par des outils d’intelligence artificielle, rendant la supercherie presque indétectable. Accompagné d’un SMS contenant le nom, le prénom et l’adresse de la journaliste, ainsi qu’une photo d’un colis, cet escroc a franchi un nouveau seuil dans l’art de l’escroquerie.
Cette évolution alarmante d’une arnaque bien connue a pris forme au cours des derniers mois. Initialement, il s’agissait de messages SMS classiques, souvent envoyés par des faux transporteurs comme Colissimo ou Chronopost, signalant un colis en attente. Les destinataires étaient alors incités à cliquer sur un lien menant à un faux site, où leurs données personnelles étaient subtilisées.
À partir de mars 2026, les escrocs ont perfectionné leur méthode. Les messages incluaient désormais des images générées par IA, montrant un colis avec le nom et le prénom de la victime. Mathieu Flaig, un salarié du numérique, en a fait l’expérience le 17 mars. Il a partagé son étonnement : « C’est la première fois que je vois une image où mon nom est associé à un contexte réel. Ça m’a paru tellement réel. » Heureusement, sa connaissance du numérique lui a permis de détecter le piège et de bloquer le numéro sans cliquer.
Mais que faire face à une telle sophistication ? Les informations personnelles utilisées par les escrocs proviennent souvent de fuites de données massives, disponibles sur le dark web. Les cyberattaques se sont multipliées, exposant les données de milliers de clients de grandes enseignes. Ces informations permettent aux escrocs de personnaliser leurs arnaques, rendant les victimes plus vulnérables.
Le processus d’escroquerie est bien rodé. Après avoir reçu le SMS et le message vocal, la victime est redirigée vers un faux site où elle est invitée à régler de petits frais de relivraison. Ce montant, souvent inférieur à 2 euros, peut sembler inoffensif. Cependant, en fournissant leurs coordonnées bancaires, les victimes ouvrent la porte à des arnaques beaucoup plus graves.
Les escrocs, après avoir récupéré les informations bancaires, peuvent facilement se faire passer pour un conseiller de la banque, prétextant une activité suspecte sur le compte. Ils guident ensuite la victime dans des procédures pour « sécuriser » leurs fonds, mais en réalité, ils ne font que valider des virements frauduleux.
Les conséquences de ces arnaques peuvent être désastreuses : usurpation d’identité, accès à des comptes personnels, voire des fraudes financières en chaîne. Malheureusement, les données volées alimentent des campagnes de phishing encore plus ciblées.
Pour se prémunir contre ces arnaques, certains signes doivent alerter. Vérifiez le numéro d’expéditeur : les vrais transporteurs utilisent des numéros dédiés. Un message d’un numéro mobile classique doit éveiller les soupçons. Examinez également le lien ; toute adresse ne correspondant pas au site officiel du transporteur est suspecte. Les fautes d’orthographe, bien que moins fréquentes dans les messages générés par IA, demeurent un indicateur. Enfin, aucune entreprise de livraison ne demandera de paiement par SMS ou par mail.
Il est crucial de ne jamais cliquer sur des liens reçus par SMS, même si ces messages semblent authentiques. En cas de doute, il est préférable de visiter directement le site officiel du transporteur pour vérifier l’état de la livraison.
Si vous recevez un message suspect, signalez-le au 33700, la plateforme officielle de lutte contre le spam téléphonique en France. Si vous avez cliqué sur un lien frauduleux, contactez immédiatement votre banque pour faire opposition. Chaque minute compte. Parler de ces arnaques autour de vous peut également aider à protéger les personnes vulnérables, notamment les seniors, qui sont souvent les plus touchés.
La règle d’or à retenir est simple : si l’on vous demande de payer pour recevoir un colis, il s’agit d’une arnaque. Restez vigilant et informé.