Alors que nous sommes le 17 avril, il ne reste que 24 jours avant lâarrivĂ©e des saints de glace, une pĂ©riode redoutĂ©e par les jardiniers. Chaque annĂ©e, de nombreux amateurs de jardinage commettent lâerreur de sortir leurs plants trop tĂŽt, convaincus que le printemps est bien installĂ©. Pourtant, une seule nuit de gel peut anĂ©antir des semaines de travail. En 2024, par exemple, des gelĂ©es tardives au 20 avril ont causĂ© des dommages considĂ©rables, mĂȘme chez les professionnels. Cet article fait le point sur les plantes Ă abriter et celles que vous pouvez planter dĂšs maintenant, tout en clarifiant pourquoi la date de sĂ©curitĂ© n’est pas celle que l’on pense.
EN BREF
- Les saints de glace se produisent du 11 au 13 mai, période à risque pour certaines plantes.
- Huit espĂšces doivent rester Ă lâabri jusquâau 14 mai pour Ă©viter les gelĂ©es nocturnes.
- La prudence est de mise : mĂȘme aprĂšs le 13 mai, des gelĂ©es peuvent survenir dans certaines rĂ©gions.
Les saints de glace : un phénomÚne historique
Les saints de glace, cĂ©lĂ©brĂ©s chaque annĂ©e aux dates fixes du 11 au 13 mai (Saint Mamert, Saint Pancrace et Saint Servais), rappellent aux jardiniers lâimportance de la prudence. Bien que ces dates aient Ă©tĂ© modifiĂ©es dans les annĂ©es 1960, leur rĂ©putation persiste. Cette tradition, ancrĂ©e dans lâhistoire, remonte au haut Moyen Ăge et trouve ses origines dans les cĂ©lĂ©brations romaines de la dĂ©esse Flora. Les agriculteurs europĂ©ens ont depuis longtemps observĂ© un schĂ©ma rĂ©current : aprĂšs quelques semaines de douceur printaniĂšre, un retour brutal du froid peut survenir Ă cette pĂ©riode.
Ce phĂ©nomĂšne a une explication atmosphĂ©rique : lâEurope centrale se rĂ©chauffe rapidement, tandis que les rĂ©gions polaires restent froides. Cette diffĂ©rence de tempĂ©rature crĂ©e des zones de basse pression qui peuvent attirer de lâair froid vers le sud en quelques heures. Câest pourquoi un dicton populaire parmi les jardiniers est : « Avant Saint-Servais, point dâĂ©tĂ© ; aprĂšs Saint-Servais, plus de gelĂ©e. »
Les plantes sensibles aux gelées tardives
Les jardiniers doivent ĂȘtre particuliĂšrement vigilants vis-Ă -vis de certaines plantes qui ne supportent pas le gel tardif. Voici les huit espĂšces Ă garder Ă lâabri jusquâau 14 mai :
- Tomates : ExtrĂȘmement vulnĂ©rables au froid, elles peuvent ĂȘtre anĂ©anties par une seule nuit de gel.
- Courgettes : Leurs grandes feuilles, gorgĂ©es dâeau, sont les premiĂšres Ă geler.
- Concombres : Semblables aux courgettes, ils sont sensibles aux températures basses.
- Aubergines : Provenant de régions chaudes, elles ne tolÚrent pas le froid.
- Poivrons : Comme les aubergines, leur croissance s’arrĂȘte sous 5 °C.
- Basilic : Fragile, il souffre dÚs que les températures descendent en dessous de 10 °C.
- Dipladénia : Cette plante tropicale ne supporte pas le froid.
Ces plantes doivent rester Ă lâintĂ©rieur ou sous protection jusquâĂ la date fatidique. ParallĂšlement, il existe des plantes plus rĂ©sistantes que vous pouvez semer dĂšs maintenant.
Plantes Ă semer dĂšs maintenant
Pour garder votre jardin actif pendant cette période, plusieurs légumes et fleurs résistent bien au froid :
- Carottes, pois, navets et radis : ces cultures de saison froide tolÚrent des nuits à 2 ou 3 °C.
- Epinards : Ils peuvent encaisser de légÚres gelées.
- Laitues : La reine de mai, la sucrine et la merveille des quatre saisons sont idéales pour cette période.
- Pommes de terre : Plantées maintenant, elles restent protégées sous terre.
- Choux : Kale, cavolo nero et chou pak choi sont d’excellents choix.
- Pensées et primevÚres : Idéales pour apporter de la couleur au jardin.
Il est crucial de ne pas confondre rĂ©sistance au froid et rĂ©sistance au gel : mĂȘme les plantes robustes doivent ĂȘtre protĂ©gĂ©es lorsque le risque de gel est Ă©levĂ©.
Le risque persistant aprĂšs le 13 mai
Une fois le 13 mai passĂ©, beaucoup pensent que le risque de gel est Ă©cartĂ©. Cependant, les statistiques de MĂ©tĂ©o France rĂ©vĂšlent que la tempĂ©rature minimale moyenne Ă Paris pendant cette pĂ©riode est d’environ 7 °C, mais cela reste des moyennes. En 2019, des tempĂ©ratures en dessous de 0 °C ont Ă©tĂ© enregistrĂ©es en mai. Dâailleurs, une annĂ©e sur dix, la derniĂšre gelĂ©e en plaine survient aprĂšs le 13 mai. Dans les rĂ©gions montagneuses ou continentales, le risque persiste jusquâĂ fin mai.
Un saint souvent oubliĂ©, Saint Urbain, cĂ©lĂ©brĂ© le 25 mai, est traditionnellement considĂ©rĂ© comme la vĂ©ritable date de fin du risque de gel dans les rĂ©gions viticoles. Pour les jardiniers vivant Ă plus de 400 mĂštres d’altitude, cette date doit ĂȘtre gravĂ©e dans la mĂ©moire.
Il est indĂ©niable que le rĂ©chauffement climatique influence la frĂ©quence des gelĂ©es tardives. Bien que ces Ă©pisodes tendent Ă diminuer, ils restent possibles. En 2024, des gelĂ©es sĂ©vĂšres ont causĂ© des ravages, tandis quâen 2025, le printemps a Ă©tĂ© exceptionnellement clĂ©ment. Cette variation souligne que la nature demeure imprĂ©visible, et un seul Ă©pisode peut compromettre une saison entiĂšre.
Il est donc essentiel dâĂȘtre vigilant : notez les dates clĂ©s dans votre agenda (11, 12 et 13 mai pour les saints de glace, 25 mai pour Saint Urbain) et Ă©vitez dâexposer vos plantes sensibles trop tĂŽt. Dâici lĂ , prĂ©parez vos voiles dâhivernage et laissez vos tomates profiter de la chaleur de votre intĂ©rieur. Cette prĂ©caution vous permettra de rĂ©colter en juillet de dĂ©licieux fruits rouges, sans devoir recommencer vos semis Ă cause du gel.