Le jeudi 16 avril, les enquêteurs ont perquisitionné les locaux d’Engie, anciennement GDF Suez, dans le cadre d’une information judiciaire concernant des soupçons de rémunération de Rachida Dati par le groupe énergétique lorsqu’elle était eurodéputée. Cette opération a été confirmée par le parquet national financier (PNF) et révélée par le magazine Complément d’enquête et le Nouvel Obs.
EN BREF
- Le siège d’Engie a été perquisitionné dans le cadre d’une enquête sur Rachida Dati.
- Des soupçons de corruption et de trafic d’influence sont au cœur de cette affaire.
- Rachida Dati, ancienne eurodéputée, dément les accusations de rémunérations non déclarées.
Cette perquisition fait suite à une enquête ouverte en 2025 par le PNF, à la suite d’un signalement de Tracfin, le service de renseignement financier de Bercy. Les investigations portent sur d’éventuelles relations d’intérêts entre Rachida Dati et des acteurs étrangers, notamment l’Azerbaïdjan et le Qatar, alors qu’elle siégeait au Parlement européen de 2009 à 2019.
Le 14 octobre, l’enquête préliminaire a été transformée en information judiciaire, impliquant des soupçons de corruption, de trafic d’influence, de détournement de fonds publics, ainsi que de blanchiment dans le cadre de l’exercice de son mandat. Deux juges d’instruction ont été saisis, et les enquêteurs de l’Office central de lutte contre la corruption (OCLCIFF) analysent actuellement les données obtenues lors des perquisitions réalisées au domicile de Dati et à sa mairie en décembre 2025.
Une enquête menée par Complément d’enquête et le Nouvel Obs a mis en lumière des documents d’un cabinet d’avocats, suggérant que Rachida Dati aurait perçu près de 299 000 euros d’« honoraires » non déclarés en 2010 et 2011, période durant laquelle elle était à la fois eurodéputée et avocate. Elle a fermement réfuté ces allégations.
En parallèle, Rachida Dati, qui a été candidate à la mairie de Paris lors des dernières élections municipales, se prépare à être jugée en septembre dans une autre affaire. Cette dernière concerne des accusations de corruption et de trafic d’influence passifs pour des faits survenus entre octobre 2009 et février 2013, que l’ancienne ministre de la Culture nie également.
Elle est accusée d’avoir établi un pacte de corruption et d’avoir exercé un lobbying illégal au Parlement européen au profit de Renault et de son ancien PDG Carlos Ghosn, désormais en fuite au Liban. Si elle est reconnue coupable, Rachida Dati encourt jusqu’à dix ans d’emprisonnement pour corruption passive, ainsi qu’une amende de 450 000 euros, correspondant à la moitié de la somme concernée.
Enfin, la brigade financière et anticorruption (BFAC) de la police judiciaire parisienne enquête sur d’autres soupçons concernant la non-déclaration de bijoux à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). Ces investigations, initiées suite à des signalements reçus, ont été lancées notamment en juin 2025 par le parquet de Paris.