Le réalisateur Christophe Ruggia a été condamné par la cour d’appel de Paris à cinq ans de prison, dont deux ferme sous bracelet électronique, pour agressions sexuelles sur l’actrice Adèle Haenel, alors âgée de 12 à 14 ans. Cette décision a été rendue publique le 17 avril 2026, à l’issue d’un procès qui a révélé des faits d’une extrême gravité sur une jeune pré-adolescente.
EN BREF
- Christophe Ruggia condamné à cinq ans de prison pour agressions sexuelles sur Adèle Haenel.
- Les faits se sont déroulés entre 2001 et 2004 lors de rendez-vous hebdomadaires.
- Adèle Haenel milite pour la justice et les droits des victimes.
Cette affaire, qui a émergé au grand jour grâce à une enquête de Mediapart en 2019, a révélé les abus subis par Adèle Haenel, alors adolescente. Les agressions ont eu lieu durant le tournage du film Les diables, où Ruggia, de 24 ans son aîné, lui avait offert son premier rôle. Les magistrats ont souligné la vulnérabilité de la jeune fille face à un adulte trois fois plus âgé, notant qu’elle était « prise au piège » dans cette relation déséquilibrée.
La cour a constaté des gestes répétitifs et non consentis, qui ont eu des conséquences significatives sur la santé mentale de l’actrice, aujourd’hui âgée de 37 ans. Le président de la cour a déclaré que la jeune pré-adolescente était en état de sidération, incapable de se défendre face à l’emprise psychologique exercée par Ruggia, et cela jusqu’à ce que la pression de son petit ami de l’époque lui permette de se libérer.
Cette peine, plus sévère que celle prononcée en première instance en février 2025, où Ruggia avait été condamné à quatre ans de prison, témoigne de la gravité des faits. En plus des deux années d’emprisonnement ferme, il purgera également trois années de prison avec sursis.
Adèle Haenel a exprimé son soulagement à l’issue de ce procès, tout en évoquant son parcours judiciaire éprouvant. Elle a déclaré : « Je pense à tous les enfants victimes de pédocriminalité, je pense à eux. » Son engagement pour la justice et les droits humains est manifeste, affirmant que sa vie serait désormais dédiée à ces causes. Vêtue d’un costume-cravate, elle a ajouté qu’elle souhaitait rappeler aux victimes qu’elles ne sont pas seules.
Du côté de la défense, Christophe Ruggia n’a pas souhaité s’exprimer après le verdict. Tout au long de la procédure, il a maintenu son déni, affirmant ne jamais avoir commis les actes qui lui sont reprochés. Dans un discours devant la cour, il a insisté sur son rôle de mentor et de passeur de culture pour Haenel, essayant de justifier leurs rencontres hebdomadaires.
Adèle Haenel, quant à elle, a témoigné de sa souffrance et de sa honte, partageant avec les juges son désir de surmonter une dépression qui l’accompagne depuis ses 12 ans. Elle a souligné l’impact dévastateur que ces événements ont eu sur son image de soi, affirmant vouloir mettre un terme à cette souffrance.
Après avoir connu un succès retentissant avec Portrait de la jeune fille en feu en 2019, Adèle Haenel a décidé de se retirer du cinéma pour se concentrer sur le théâtre et son engagement militant. Son parcours illustre les défis auxquels sont confrontées les victimes d’agressions sexuelles, qui luttent non seulement pour la justice, mais aussi pour leur propre guérison.
Cette affaire soulève des questions essentielles sur la protection des jeunes dans le milieu artistique et la nécessité de soutenir les victimes d’abus. La condamnation de Christophe Ruggia est perçue comme un pas important dans la lutte contre la pédocriminalité et pour la reconnaissance des droits des victimes.