Le Palestinien Hicham Harb a été placé en détention provisoire après son extradition vers la France, dans le cadre de l’enquête sur l’attentat antisémite de la rue des Rosiers à Paris, survenu en 1982. Cette information a été officiellement communiquée par le Parquet national antiterroriste (Pnat) dans un communiqué publié vendredi.
EN BREF
- Hicham Harb, suspect de l’attentat de 1982, a été extradé vers la France.
- Il est en détention provisoire en attendant son procès pour cet attentat.
- Le procès concerne un attentat qui a causé six morts et 22 blessés dans le Marais.
Hicham Harb, âgé de 72 ans, a été arrêté par les autorités palestiniennes le 17 septembre 2025, peu avant la reconnaissance officielle de l’État de Palestine par Paris. Son extradition a été réalisée suite à un mandat d’arrêt délivré en 2015. Le suspect a été présenté au juge des libertés et de la détention, qui a ordonné sa mise en détention en attendant un procès devant une cour d’assises spécialement composée, compétente en matière de terrorisme.
Le fils de Hicham Harb, Bilal Harb, a affirmé que son père n’avait « aucun rapport » avec les accusations portées contre lui, soulignant l’absence de preuves. Son avocate française a, pour sa part, choisi de ne pas s’exprimer sur l’affaire pour le moment.
La réaction à son extradition a varié parmi les parties civiles. Certains avocats craignent que cela ne retarde encore le procès, tandis que d’autres estiment que cela représente une avancée pour que Harb puisse répondre de ses actes. L’attentat de la rue des Rosiers a été attribué au Fatah-Conseil révolutionnaire (Fatah-CR) d’Abou Nidal, un groupe palestinien dissident de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), et a causé des blessures graves et des pertes humaines dans le quartier juif du Marais, à Paris.
Ce procès, qui doit juger non seulement Hicham Harb mais également d’autres suspects, est d’une importance cruciale pour les victimes et les familles touchées par cet attentat. Deux autres suspects, Abou Zayed et Hazza Taha, sont déjà en détention en France. La Cour de cassation a validé la tenue de ce procès, malgré les contestations. Abou Zayed, un Norvégien d’origine palestinienne, est considéré comme l’un des tireurs, tandis que Hazza Taha est soupçonné d’avoir fourni des armes lors de l’attaque.
En parallèle, Hicham Harb est également visé par un mandat d’arrêt émis par les autorités allemandes en 1988, en lien avec un attentat commis à l’aéroport de Francfort en 1985. Il fait également l’objet d’enquêtes en Italie pour une attaque survenue à Rome en 1982. Les implications internationales de cette affaire montrent la complexité des enquêtes sur le terrorisme et les relations diplomatiques entre les pays concernés.
Alors que le procès se profile à l’horizon, les attentes sont élevées et les enjeux humains, juridiques et politiques demeurent cruciaux pour l’ensemble des parties impliquées. La tenue de ce procès pourrait marquer un tournant dans la lutte contre le terrorisme et la justice pour les victimes.