Alice Belaïdi, actrice révélée par des rôles marquants dans le cinéma français, a récemment brisé le silence sur une agression sexuelle survenue lors d’un tournage. Dans un podcast, elle décrit avec précision les événements qui ont eu lieu et les conséquences dévastatrices qu’elle a subies après avoir dénoncé l’agression.
EN BREF
- Alice Belaïdi a dénoncé une agression sexuelle subie sur un tournage.
- Après avoir parlé, elle a été retirée du film, tandis que l’agresseur est resté en poste.
- Son témoignage soulève des questions sur la culture du silence dans l’industrie cinématographique.
Depuis ses débuts dans le cinéma entre 2010 et 2012, Alice Belaïdi a su se forger une place au sein de l’industrie avec un style unique et une énergie communicative. Révélée dans le film Les Kaïra, elle a continué à briller dans des productions comme Radiostars et la série WorkinGirls. Son dernier succès, Un p’tit truc en plus, l’a propulsée vers un public encore plus large, mais derrière cette façade triomphante se cache une réalité plus sombre.
Dans le podcast Pause animé par Alexandre Mars, l’actrice a décidé de partager un épisode tragique qu’elle avait jusqu’alors gardé secret. « Je me suis fait agresser sexuellement par un acteur », a-t-elle déclaré, sans hésitation. Bien que l’identité de l’agresseur ne soit pas révélée, ses descriptions sont suffisamment explicites pour faire frémir. « On ne met pas son sexe comme ça devant moi et me le coller sur la cuisse sans qu’on m’ait demandé mon avis », a-t-elle ajouté, exprimant toute la violence de l’acte.
Suite à cet incident, la réaction de l’industrie a été pour le moins choquante. Plutôt que d’initier une enquête ou de protéger la victime, la production a choisi de la retirer du projet. « Je me suis fait virer du film », confie-t-elle. Ce retournement de situation rappelle des affaires récentes où les victimes se retrouvent souvent isolées, tandis que les agresseurs continuent leur carrière sans encombre.
Ces propos résonnent particulièrement dans le contexte des nombreux témoignages qui ont émergé ces dernières années, illustrant un schéma où la notoriété de l’agresseur prime sur la parole de la victime. « Tu comprends, c’est quand même un grand acteur, casse-couilles ok mais… », lui a-t-on glissé, soulignant ainsi l’impunité qui entoure souvent ces personnalités influentes.
Alice Belaïdi ne se limite pas à partager son histoire personnelle ; elle élargit la discussion aux dynamiques de pouvoir en jeu dans le cinéma. Elle souligne que de nombreuses femmes continuent d’être accusées de mensonge ou qualifiées d’hystériques lorsqu’elles osent parler. Ce terme, historiquement utilisé pour discréditer les femmes, souligne la difficulté de faire entendre sa voix dans un milieu encore trop souvent dominé par des figures masculines puissantes.
Malgré tout, Belaïdi témoigne du soutien précieux de son entourage professionnel. « Je suis protégée par le fait que j’ai mon agent qui me croit ou mon attachée de presse qui me croit », a-t-elle affirmé. Être crue est essentiel mais, dans le milieu du cinéma, cela devrait être la norme, pas un privilège.
Ce récit s’inscrit dans un mouvement plus large, où de nombreuses femmes prennent des risques pour dénoncer des comportements inappropriés dans l’industrie du cinéma. Des cas médiatisés ayant impliqué des personnalités comme Patrick Bruel et Gérard Depardieu révèlent des schémas similaires : des hommes en position de pouvoir, un silence complice, et des femmes qui bravent leur peur pour faire entendre leur vérité.
Le témoignage d’Alice Belaïdi se distingue par sa lucidité sur les conséquences de la dénonciation. Être écartée d’un projet pour avoir osé dire non envoie un message clair aux autres : le silence est la seule option pour éviter les représailles. À plus de 30 ans et avec un parcours respecté, Alice Belaïdi a pris la décision audacieuse de s’exprimer et de nommer ce que beaucoup préfèrent ignorer.