Au fil des étés, nombreux sont les jardiniers qui se battent contre la sécheresse, arrosant manuellement leurs cultures tout en voyant la facture d’eau grimper. Chaque année, des milliards de gallons d’eau sont gaspillés, notamment à cause de l’évaporation, qui peut atteindre 50 % avant même que l’eau ne parvienne aux racines. Dans un contexte de restrictions d’eau, cette situation devient insoutenable. Pourtant, il existe une méthode d’irrigation presque oubliée qui promet de réduire cette consommation d’eau de manière significative.
EN BREF
- Une technique d’irrigation ancienne, l’olla, permet de réduire l’eau utilisée de 60 à 70 %.
- Les jardiniers peuvent fabriquer leur propre olla pour environ 5 $ (4,70 €).
- Ce système favorise une irrigation efficace, sans gaspillage ni dépendance à l’électricité.
Connue sous le nom d’irrigation par olla, cette méthode utilise un pot en terre cuite non émaillé, enterré à proximité des cultures, de sorte que seule l’ouverture dépasse du sol. Sa conception permet à l’eau de s’infiltrer lentement dans le sol au fur et à mesure que l’humidité s’épuise. En d’autres termes, les racines des plantes peuvent s’approvisionner en eau à leur rythme, sans apport extérieur constant.
Historiquement, ce système remonte à plus de 4 000 ans et aurait été développé en Chine et en Afrique du Nord, avant de se diffuser à Rome et dans les civilisations précolombiennes. Le principe est simple : lorsque le sol est sec, il crée une succion qui attire l’eau à travers les parois poreuses de l’olla. Quand l’humidité du sol augmente, le flux d’eau diminue, permettant ainsi aux racines de gérer leur propre approvisionnement.
Des études menées par l’Université de l’Arizona révèlent que ce système peut permettre d’économiser de 60 à 70 % d’eau comparé à des techniques d’arrosage classiques. Cela représente une solution non seulement économique mais également écologique, idéal pour les jardiniers soucieux de l’environnement.
Pour ceux qui souhaitent s’essayer à cette méthode, il est possible de construire ses propres ollas pour environ 5 $. Pour ce faire, il suffit de deux pots en terre cuite, d’un mastic silicone alimentaire et d’une soucoupe. En bouchant le trou d’un pot et en collant les deux pots ensemble, vous obtiendrez une chambre fermée. Après séchage, il est essentiel de tester l’étanchéité avant de l’enterrer dans le jardin.
Pour une utilisation optimale, il est recommandé d’espacer les ollas de 60 à 90 cm. Dans un bac de dimensions 1,20 x 2,40 m, deux à trois jarres suffisent. Les jeunes plants doivent être placés à moins de 45 à 60 cm de la paroi, tandis que les semis peuvent être situés à moins de 15 cm. Un léger arrosage de surface est nécessaire au départ pour aider les plants à s’établir.
Il est également essentiel d’utiliser des pots non émaillés. Pour éviter l’évaporation et les moustiques, il convient de couvrir l’ouverture de l’olla. Dans les régions sujettes à des gelées importantes, il est conseillé de déterrer les jarres lorsque les températures chutent.
Une olla de 2 gallons peut maintenir un lit surélevé humide jusqu’à une semaine par temps modéré, ce qui permet de s’absenter sans craindre de sur-arrosage. Les racines des plantes, en s’adaptant à ce système, offrent une belle illustration de l’harmonie entre l’homme et la nature.
En conclusion, l’irrigation par olla constitue une méthode efficace et économique pour les jardiniers souhaitant réduire leur consommation d’eau tout en préservant la santé de leurs cultures. Ce retour à des techniques anciennes pourrait bien être la clé d’un jardinage durable et respectueux de l’environnement.