Ce samedi, le gouvernement français a appelé les distributeurs à diminuer les prix du carburant. Cette demande intervient alors que les tarifs du pétrole ont connu une baisse significative cette semaine, soulevant la possibilité d’un décret visant à plafonner les marges des distributeurs, bien que les autorités espèrent éviter d’en arriver là.
EN BREF
- Le gouvernement demande une baisse des prix du carburant après la chute des tarifs pétroliers.
- Un projet de décret pourrait limiter les marges des distributeurs si nécessaire.
- Les distributeurs s’opposent à cette mesure et réclament son retrait.
Une baisse des prix annoncée
Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a souligné que le diesel avait diminué d’environ 13,7 centimes depuis son pic, tandis que le prix du pétrole a chuté à 90 dollars le baril. « Les prix doivent baisser aussi vite qu’ils ont monté », a-t-il déclaré dans une interview accordée au Parisien Dimanche. Lescure a ajouté que les discussions avec les distributeurs auront lieu dès lundi pour s’assurer que cette baisse soit reflétée à la pompe.
Un projet de décret en préparation
Bien qu’aucune publication de ce décret ne soit actée pour l’instant, le ministre a insisté sur le fait que tout le monde doit collaborer. Le projet vise à encadrer les marges au niveau d’avant-crise afin d’éviter les effets d’aubaine. Maud Bregeon, ministre déléguée à l’Énergie, a également précisé que la baisse du prix du baril, qui est passé de 115 dollars à moins de 90 dollars en quelques jours, doit impérativement se traduire par une diminution des prix à la pompe.
Pour Serge Papin, ministre du Commerce, ce projet de décret est un « outil de dissuasion » qui doit rester opérationnel. « Comme un médecin qui prépare tous ses instruments avant une opération, sans forcément les utiliser », a-t-il déclaré. Cette métaphore illustre la volonté du gouvernement de se préparer à toute éventualité, même si l’objectif reste d’éviter son application.
Réactions des distributeurs
Les distributeurs, de leur côté, ont réagi avec vigueur à ce projet, demandant son retrait immédiat. Ils plaident également pour la suspension des certificats d’économies d’énergie, qu’ils estiment être une entrave à la baisse des prix à la pompe. La tension entre le gouvernement et les distributeurs pourrait s’intensifier dans les prochains jours si des mesures concrètes ne sont pas mises en place.
Une situation à surveiller
En ce qui concerne d’éventuelles aides supplémentaires pour les secteurs touchés par la hausse des prix du carburant, le ministre Lescure a indiqué que tout dépendrait de l’évolution de la situation. « À ce stade, nous n’avons pas d’enjeu de disponibilité », a-t-il affirmé, tout en précisant que la stabilité rapide des flux de carburant était essentielle pour éviter une détérioration de la situation.
Le ministre a également exclu toute dépense non budgétisée pour le moment, affirmant que des redéploiements seraient nécessaires si des investissements supplémentaires devaient être envisagés. Les détails des mesures à venir sont encore en cours de finalisation, laissant planer une certaine incertitude sur l’avenir des prix du carburant en France.