Inflation imminente : l’UFC-que-choisir prévoit une hausse des prix de 4 à 5 %

Alors que la guerre au Moyen-Orient continue de perturber les marchés, l’UFC-que-choisir a annoncé ce samedi une probable augmentation des prix en rayons. Grégory Caret, directeur de l’Observatoire de la consommation, a précisé sur les ondes de RMC que les consommateurs pourraient faire face à une hausse de 4 à 5 % dans les mois à venir.

EN BREF

  • Hausse anticipée des prix de 4 à 5 % en raison de la guerre au Moyen-Orient.
  • Impact immédiat sur les produits à rotation rapide : lait, yaourts, fruits et légumes.
  • Appels à réviser les tarifs des négociations commerciales précédentes.

Ce phénomène d’augmentation des prix est envisagé comme un processus graduel. Grégory Caret a souligné que les produits ayant une date de péremption courte, tels que les produits laitiers et frais, seront les premiers affectés. Ces produits, qui se renouvellent rapidement, connaîtront une inflation plus marquée à court terme.

Dans ce contexte, la Coopération agricole a récemment demandé une révision des tarifs convenus lors des dernières négociations avec les distributeurs. Dominique Chargé, président de la Coopération agricole, a indiqué qu’il ne s’agissait pas de rouvrir les négociations commerciales de 2026, mais de prendre en compte les effets de la crise actuelle. Cette demande a été formulée dans l’espoir d’une révision des tarifs qui ne reflètent pas les surcoûts engendrés par le conflit.

Les industriels font face à des surcoûts conséquents, en particulier à cause de l’augmentation des prix du gaz. Grégory Caret a précisé que de nombreuses industries fonctionnent encore au gaz, ce qui a un impact direct sur leurs coûts de production. Par ailleurs, les agriculteurs subissent également des hausses de coûts dues à l’augmentation des prix des carburants et des engrais, qui sont souvent importés par le détroit d’Ormuz.

Les produits alimentaires, notamment les produits laitiers, les viandes et les fruits, seront particulièrement touchés par cette inflation. Toutefois, d’autres catégories de produits, comme ceux liés à l’hygiène et à la beauté, seront également impactées, en raison de la forte utilisation d’hydrocarbures dans leur fabrication et leur emballage.

Face à cette situation, Grégory Caret conseille aux consommateurs d’anticiper des arbitrages dans leurs choix de consommation. Il est probable que certains renoncent à des achats non essentiels pour privilégier les dépenses liées à l’alimentation, au transport et à l’énergie de chauffage. Cette tendance pourrait avoir des conséquences plus larges sur l’économie, car les entreprises, face à des coûts accrus, pourraient être contraintes de répercuter ces hausses de prix sur les consommateurs.

La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a appelé les industriels et les distributeurs à se réunir pour discuter de ces enjeux. Son homologue des PME et du Commerce, Serge Papin, a également mentionné la nécessité de rouvrir les négociations commerciales, une demande qui a été formulée par les coopératives laitières dès la semaine dernière.

Il est clair que l’impact de la guerre au Moyen-Orient sur l’économie française pourrait être significatif. Les prévisions de hausse des prix, bien que moins dramatiques que celles observées lors des crises précédentes, suscitent néanmoins des inquiétudes. Les consommateurs devront s’adapter à ces nouvelles réalités économiques qui pourraient modifier leurs comportements d’achat dans les mois à venir.