Ce samedi, le parc des expositions de Caen accueillera un banquet organisé par Le Canon Français, un événement qui attire déjà la controverse. Prévu pour rassembler plus de 4 000 participants autour de produits du terroir, le prix d’entrée a été fixé à 80 euros. Cependant, ce rassemblement est critiqué par certains comme étant un soutien implicite à l’extrême droite.
EN BREF
- Un banquet organisé par Le Canon Français à Caen suscite des accusations politiques.
- Des élus et citoyens demandent l’annulation de l’événement, le qualifiant d’extrême droite.
- La mairie de Caen refuse d’interdire le banquet, soulignant qu’il n’affecte pas l’ordre public.
Le collectif « Décanoner le banquet normand », soutenu par des élus de La France insoumise, a lancé une pétition pour demander l’annulation de cet événement. Ils estiment qu’il représente une vitrine pour des idéologies extrêmes. Emma Fourreau, eurodéputée et conseillère municipale de Caen, a exprimé ses inquiétudes en rappelant des incidents survenus lors de précédents banquets similaires, où des comportements inappropriés tels que des intimidations et des saluts nazis ont été signalés.
Elle a également pointé du doigt le rôle de Pierre-Édouard Stérin, un milliardaire devenu actionnaire du Canon Français. « Il ne faut pas être naïf, si Stérin défend financièrement cet événement, c’est qu’il y a un intérêt. Son intérêt est de faire gagner l’extrême droite. C’est une bataille culturelle de l’extrême droite qui se mène, ce n’est pas un événement anodin », a-t-elle déclaré.
En revanche, Géraud de la Tour, cofondateur du Canon Français, a rejeté ces accusations. Il a affirmé que leur objectif est de promouvoir la culture française, sans lien avec une quelconque affinité politique. « S’ils ont des problèmes avec Stérin, qu’ils aillent le voir directement. Nous sommes une entreprise apolitique. Notre thème, c’est la France : quand on est en Normandie, on va servir du cidre et du camembert », a-t-il défendu. Il a également exprimé son indignation face aux accusations de diffamation qui pèsent sur leur entreprise.
Contactée pour des précisions, la mairie de Caen a indiqué qu’elle ne souhaitait pas interdire l’événement. Elle a précisé que le banquet n’est pas organisé dans un espace public et qu’il ne présente pas de risques pour l’ordre public ou la sécurité. « La gestion commerciale du Parc des expositions quant à la programmation et à l’accueil des événements revient au concessionnaire en charge du fonctionnement du lieu », a déclaré un porte-parole de la mairie.
En réponse à la polémique, un collectif de citoyens a décidé d’organiser un contre-événement au même moment : un pique-nique géant suivi d’un rassemblement antifasciste. Cette initiative vise à mobiliser les personnes opposées aux idées véhiculées par le banquet du Canon Français.
Depuis sa création, l’entreprise a organisé près de 100 banquets à travers la France, attirant environ 100 000 participants en quatre ans. Toutefois, la polémique entourant ces événements a souvent suscité des réactions vives, comme l’incident survenu l’automne dernier en Bretagne, où un événement avait été déplacé après la mobilisation d’opposants.
La situation à Caen souligne les tensions croissantes autour des événements culturels qui, selon certains, peuvent servir de couverture à des idéologies politiques controversées. Alors que le banquet approche, les yeux restent rivés sur sa tenue, sur le déroulement des événements et sur les réactions des autorités locales.