Un témoignage accablant : une victime française d’Epstein raconte son calvaire à Paris

Pour la première fois, une femme française brise le silence sur son expérience tragique en tant qu’« assistante » de Jeffrey Epstein à Paris. Son récit, révélé dans l’émission « Complément d’enquête », met en lumière un système de domination et de violence qui a perduré six longues années. L’appartement de l’avenue Foch, où elle a été contrainte de vivre dans l’ombre, devient le symbole d’un prédateur échappant à la justice.

EN BREF

  • Une victime française dénonce six ans de violence et de contrôle par Epstein à Paris.
  • Le témoignage révèle un système de soumission et des abus sexuels systématiques.
  • La justice française peine à réagir face à ce volet de l’affaire Epstein.

À l’adresse prestigieuse de l’avenue Foch, au cœur du XVIe arrondissement de Paris, Jeffrey Epstein a établi un véritable réseau d’exploitation. Cette femme, qui a souhaité rester anonyme, raconte comment elle et d’autres jeunes femmes, principalement originaires des pays de l’Est, étaient recrutées sous le prétexte d’être des assistantes, mais étaient en réalité soumises à un quotidien de violence.

« On n’était pas du tout des assistantes », déclare-t-elle, révélant l’écart tragique entre la réalité et le titre trompeur. Les jeunes femmes, bien que rémunérées jusqu’à 2 500 euros par mois, vivaient dans un cadre où chaque aspect de leur existence était contrôlé par Epstein. Ce dernier imposait non seulement des vêtements mais aussi des comportements, créant ainsi un environnement de peur et de soumission.

Le quotidien de cette femme était fait de contraintes. Les vêtements étaient choisis pour leur capacité à faciliter les agressions. « Pas de soutiens-gorge », explique-t-elle. Cette règle, choquante, révèle la logique de prédation dans laquelle ces femmes étaient engluées. « On lui appartenait, quoi », ajoute-t-elle, soulignant l’emprise totale qu’ Epstein avait sur sa vie.

Durant ces années de servitude, elle était en permanence au service du milliardaire, accomplissant des tâches qui, sous le vernis d’un emploi, cachaient des abus répétés. Les « massages », qui étaient souvent des agressions sexuelles, résument l’horreur de son quotidien. La victime témoigne qu’il était « constamment présent », dictant chaque aspect de sa vie.

Récemment, la publication de documents déclassifiés par la justice américaine a ravivé l’intérêt pour cette affaire. Toutefois, les souffrances et les humiliations subies par cette femme ne sont pas reflétées dans ces dossiers. Elle se remémore un épisode particulièrement cruel : un jour, Epstein lui a ordonné de se présenter comme son esclave devant un visiteur, soulignant ainsi son pouvoir et son besoin de contrôle.

Ce témoignage, diffusé dans l’émission du 16 avril 2026, éclaire une facette sombre de l’affaire Epstein en France. Alors que les victimes américaines ont obtenu des compensations financières, celles en France, comme cette femme, demeurent dans l’oubli. La lenteur des procédures judiciaires en France contraste avec l’efficacité des actions menées aux États-Unis, où Ghislaine Maxwell a été condamnée.

Le parquet de Paris avait ouvert une enquête préliminaire en 2019, mais l’absence de résultats concrets soulève des questions sur l’efficacité de la justice française dans cette affaire. Les acteurs du système judiciaire sont appelés à examiner les responsabilités au-delà d’Epstein, s’interrogeant sur ceux qui ont pu faciliter son accès à des jeunes femmes vulnérables.

Le récit de cette victime rappelle une vérité inquiétante : un prédateur a pu agir sans entrave dans l’un des quartiers les plus surveillés de Paris. Son témoignage offre une voix à toutes les victimes qui, comme elle, vivent dans l’ombre de cette affaire. En brisant le silence, elle nous pousse à réfléchir sur la nécessité d’une justice véritable pour celles qui ont été victimes d’Epstein.