La cour d’appel de Paris a rendu son verdict ce mardi 30 juin, en confirmant la condamnation du magazine people Closer à verser 20 000 euros de dommages et intérêts à Florian Philippot. Ce dernier avait été photographié le 12 décembre 2014 en compagnie d’un homme, présenté comme son compagnon, sans son consentement.
EN BREF
- La cour d’appel a condamné Closer pour atteinte à l’intimité de Florian Philippot.
- Le montant des dommages et intérêts s’élève à 20 000 euros.
- Philippot n’avait pas souhaité rendre publique son homosexualité au moment des faits.
Le magazine, qui avait fait appel de la décision rendue en première instance par le Tribunal de Grande Instance de Paris, s’est dit surpris par le montant des dommages et intérêts, qu’il jugeait excessif par rapport à d’autres affaires similaires impliquant des célébrités. Toutefois, la cour a justifié cette somme par la large diffusion du magazine et le caractère sensationnel de l’article, qui a eu un fort retentissement médiatique.
Les photos publiées par Closer montraient Florian Philippot à Vienne, en compagnie d’un homme dont le visage était flouté. L’article, illustré de plusieurs images, arborait un titre accrocheur : « Oui à l’amour pour tous ».
Dans sa décision, la cour a souligné que Florian Philippot n’avait pas souhaité afficher publiquement son homosexualité à la date de la publication. La révélation de sa vie privée a été faite sans son accord, ce qui constitue une atteinte à son intimité. Grégoire Lafarge, l’avocat de Philippot, a qualifié cette décision de « satisfaisante », saluant la ferme motivation du tribunal sur la traque subie par son client.
Philippot, qui est un acteur clé du Front National, a exprimé sa préoccupation face à cette intrusion dans sa vie personnelle. « Quelle est cette société où l’on peut être traqué et photographié à son insu ? », a-t-il déclaré, dénonçant une dérive vers une « américanisation » de la presse people et une obsession pour le sensationnel.
La défense de Closer avait tenté de justifier la publication des photos en invoquant le droit à la liberté d’expression et en affirmant que les histoires personnelles des politiciens influencent leur choix politiques. Laurence Pieau, la directrice du magazine, avait même affirmé que ces révélations étaient d’un intérêt général. Cependant, la cour a rejeté cette argumentation, affirmant que la motivation de Closer était avant tout de créer un scoop sensationnel.
La cour a donc conclu que la manière dont l’information a été révélée ne relevait pas d’un intérêt légitime du public, et a confirmé l’atteinte à la vie privée de Florian Philippot. Cette décision pourrait avoir des répercussions sur la manière dont les médias traitent les informations personnelles des personnalités publiques, surtout en ce qui concerne leur vie intime.
Cette affaire soulève des questions essentielles sur le respect de la vie privée et les limites de la liberté d’expression dans le domaine de la presse people. La décision de la cour d’appel rappelle que le droit à l’intimité doit primer sur le sensationnel, même pour des personnalités en vue.