Une nuit d’horreur a frappé l’usine Lustucru de Saint-Genis-Laval, près de Lyon. Un ouvrier intérimaire de 22 ans a perdu la vie après avoir été happé par un laminoir à pâte, vendredi 17 avril en fin de soirée. Ce tragique incident s’est produit alors que le jeune homme, qui avait rejoint l’entreprise en janvier dernier, travaillait sur une ligne de production nocturne.
EN BREF
- Un ouvrier intérimaire de 22 ans est décédé dans un accident à l’usine Lustucru.
- Les syndicats dénoncent des conditions de travail dégradées et des problèmes de sécurité.
- Une enquête pour homicide involontaire a été ouverte pour déterminer les circonstances de l’accident.
Selon les informations du parquet de Lyon, le jeune homme a été retrouvé sans vie aux alentours de 23 heures, coincé dans le laminoir à pâte, un équipement essentiel pour aplatir la pâte. Les premiers éléments d’enquête suggèrent qu’il était en train de nettoyer la machine lorsqu’il a été entraîné à l’intérieur, entraînant une tragédie qui a bouleversé l’ensemble de l’usine.
À la suite de cet événement tragique, l’activité sur le site a été immédiatement suspendue. Comme rapporté par BFM Lyon, l’usine, qui emploie environ une centaine de salariés, a décidé de ne pas reprendre son travail le lundi suivant l’accident, et la fermeture doit se prolonger jusqu’au mardi. Une réunion du comité social et économique est prévue afin d’évaluer la situation et de discuter des mesures à mettre en place.
Du côté des syndicats, la colère et l’inquiétude sont palpables. La CGT agro-alimentaire a déclaré, dans un entretien avec BFM, que les conditions de travail à l’usine sont « très dégradées ». Elle a souligné une augmentation des cadences de travail, un recours excessif à l’intérim, et des lacunes en matière de sécurité des machines. Ces alertes concernant les risques d’accidents avaient déjà été signalées à la direction, mais sans réaction adéquate.
Face à cette tragédie, la direction de Lustucru a exprimé sa « profonde tristesse » et son « soutien » aux proches de la victime. Dans un communiqué, elle a également réaffirmé que la sécurité des employés constitue une « priorité absolue ». Toutefois, ces propos semblent insuffisants aux yeux des syndicats et des travailleurs, qui appellent à une remise en question sérieuse des pratiques de sécurité au sein de l’usine.
Une enquête a été ouverte pour « homicide involontaire par personne morale dans le cadre du travail ». Cette procédure vise à établir les circonstances précises de l’accident. L’inspection du travail, la gendarmerie et les services de l’État ont été mobilisés pour mener les investigations nécessaires. Parallèlement, une cellule psychologique a été mise en place pour accompagner les salariés affectés par cet événement tragique.
La mort de ce jeune ouvrier met en lumière des questions cruciales sur la sécurité au travail et les conditions de vie des employés dans le secteur agro-alimentaire. Le besoin d’un changement s’impose, tant pour garantir la sécurité des travailleurs que pour éviter que de telles tragédies ne se reproduisent à l’avenir.