Ozempic : des cas de perte de vue soulèvent des inquiétudes sur la sécurité des traitements

La vie quotidienne peut basculer en un instant. Pour Gilles, 76 ans, et Michel, 70 ans, cette réalité s’est imposée avec une brutalité déconcertante. Tous deux ont récemment subi une perte soudaine de la vue alors qu’ils suivaient un traitement contre le diabète de type 2 avec Ozempic. Ces incidents tragiques, rapportés par La Dépêche, mettent en lumière une question cruciale : comment un médicament censé réguler la glycémie peut-il entraîner des complications oculaires aussi sévères ?

EN BREF

  • Deux patients sous Ozempic ont signalé une perte de vue rapide et sévère.
  • Une plainte collective vise le laboratoire Novo Nordisk, fabricant du médicament.
  • La communauté médicale appelle à une surveillance accrue des effets secondaires oculaires.

Ces cas récents soulèvent des interrogations parmi les professionnels de santé concernant la sécurité des antidiabétiques de nouvelle génération. Gilles Maron a ainsi constaté, après deux ans de traitement, qu’il perdait 80 % de sa vision en seulement deux jours. Un diagnostic de neuropathie optique ischémique antérieure a été posé, une complication rare mais grave qui a complètement altéré son quotidien.

Michel Woerly, quant à lui, a vécu une expérience similaire après quatre mois de traitement. Au début de l’année 2025, il a remarqué l’apparition d’une tache grise dans son champ de vision, suivie d’une perte partielle de la vue, confirmée par un ophtalmologiste après l’arrêt du traitement. Tous deux témoignent d’un manque d’information sur ces risques potentiels avant le début de leur traitement.

Les complications oculaires liées au diabète, telles que la rétinopathie diabétique, sont bien documentées. Cette affection résulte d’une détérioration des vaisseaux sanguins dans la rétine due à un excès chronique de sucre dans le sang. Les premiers signes peuvent passer inaperçus, mais une évaluation régulière est essentielle, surtout pour ceux recevant des traitements intensifs comme Ozempic.

La rapidité de la baisse de la glycémie apparaît comme un facteur de risque majeur pour les complications oculaires. Des études, comme celle de SUSTAIN-6, ont déjà fait état d’une augmentation des événements rétiniens sous sémaglutide, le principe actif d’Ozempic. Cela soulève la nécessité d’une vigilance accrue lors de l’initiation de ces traitements.

Une vigilance accrue est essentielle

Les médecins recommandent une série d’examens ophtalmologiques avant de commencer tout traitement par antidiabétiques à action rapide. Un suivi régulier est également crucial, en particulier pour les patients dont l’équilibre glycémique était précaire ou qui présentent déjà des signes de rétinopathie diabétique. L’Assurance Maladie insiste sur l’importance d’un dépistage préventif, même chez les patients de plus de 65 ans.

Face à ces préoccupations, une plainte collective a été déposée contre Novo Nordisk. Les plaignants demandent des comptes sur la sécurité de ce médicament et le manque d’informations fournies sur les risques potentiels. Les résultats d’une étude en cours, FOCUS, pourraient aider à mieux comprendre le niveau de risque associé à l’utilisation d’Ozempic selon les différents profils de patients.

Les professionnels de santé rappellent l’importance d’un dialogue constant entre médecins et patients. Il est essentiel d’évaluer le rapport bénéfice/risque de manière individuelle et de ne pas hésiter à consulter en cas de symptômes inhabituels, tels qu’une baisse rapide de la vue ou l’apparition de taches.

Au final, bien qu’Ozempic ne soit pas généralement associé à des pertes de vue, les cas récents témoignent de risques potentiels qui méritent une attention particulière. La surveillance des effets secondaires doit demeurer une priorité pour garantir la sécurité des patients.