Yannick Alléno lance une action judiciaire contre des fabricants de protoxyde d’azote

Le célèbre chef étoilé Yannick Alléno, président de l’association Antoine Alléno, a décidé d’attaquer en justice deux entreprises, l’une chinoise et l’autre polonaise, accusées de promouvoir la vente de protoxyde d’azote à des fins détournées. Cette action a été annoncée à l’AFP ce mercredi 22 avril et vise à dénoncer l’usage récréatif de ce gaz, souvent associé à des comportements à risque, notamment chez les jeunes.

EN BREF

  • Yannick Alléno attaque en justice des fabricants de protoxyde d’azote.
  • L’association accuse les entreprises de promouvoir des usages détournés du gaz.
  • Plus de 450 accidents graves liés à ce gaz ont été recensés en 2025.

Selon les déclarations de Yannick Alléno, le protoxyde d’azote, souvent présenté comme un moyen de divertir lors de fêtes, est en réalité un produit dangereux. « Cette action de groupe va nous permettre d’attaquer les producteurs de protoxyde d’azote qui utilisent des biais de communication trompeurs auprès de nos jeunes », a-t-il déclaré. L’association Antoine Alléno a été fondée en mémoire de son fils, tragiquement décédé en 2022, et vise à sensibiliser le public sur les dangers des substances psychoactives.

Les bonbonnes de protoxyde d’azote, commercialisées sous des noms évocateurs tels que « Strawberry Kiwi Ice » ou « Tequila Apple », sont disponibles sur le site de la marque Cream Deluxe. Cette entreprise, selon l’association, se cache derrière des visuels attrayants qui évoquent l’univers festif, tout en promouvant un produit qui devrait, dans l’esprit de la loi, être réservé à un usage professionnel.

Les bonbonnes en question, fabriquées par l’entreprise chinoise Zhuzhou Xingye Chemical, sont vendues par IVM Firma Handlowa, une société polonaise. Cette dernière assure non seulement la distribution par son propre site internet, mais également via des plateformes comme eBay, ce qui soulève des questions sur la réglementation en matière de vente de produits potentiellement dangereux.

Yannick Alléno souligne que ces bonbonnes ne sont jamais utilisées dans un cadre culinaire. « Je n’en ai jamais vu et je n’en verrai jamais », a-t-il affirmé, insistant sur le fait que leur consommation est largement détournée. L’association demande au tribunal judiciaire de Paris non seulement d’ordonner la cessation des activités de ces entreprises en France, mais aussi de leur imposer une amende de 25 000 euros pour couvrir ses frais de justice.

Depuis 2021, la vente de contenants de protoxyde d’azote de plus de 8,6 grammes est interdite aux particuliers. Pourtant, Cream Deluxe continue de promouvoir la vente à des grossistes, évoquant un secteur en pleine expansion. Benoît Javaux, avocat associé du cabinet Squadra, a dénoncé ce « cynisme certain » et espère que le tribunal sanctionnera ces pratiques.

Les consommateurs se procurent souvent le protoxyde d’azote auprès de bars à chicha ou d’épiceries de nuit, ainsi que sur les réseaux sociaux. Me Javaux souligne que ce type de procédure judiciaire peut s’étendre sur près de deux ans, avec un risque important quant à l’efficacité d’une telle action face à un réseau aussi opaque.

Les dangers du protoxyde d’azote sur la santé publique sont bien réels. Yannick Alléno rappelle que des jeunes en subissent les conséquences : perte de mobilité, brûlures, accidents. Il a également appelé le gouvernement à établir une liste de substances psychoactives, incluant le protoxyde d’azote, afin de lutter contre son usage détourné.

Les statistiques sont alarmantes : en 2025, plus de 450 accidents routiers graves liés à l’inhalation de protoxyde d’azote ont été signalés, un chiffre quarante fois plus élevé qu’il y a six ans. Ce gaz, souvent désigné comme « gaz hilarant », est au cœur du projet de loi « Ripost », présenté au Sénat en mai dernier. Ce texte prévoit de pénaliser l’inhalation de protoxyde d’azote avec des peines allant jusqu’à un an d’emprisonnement et 3 750 euros d’amende, et jusqu’à trois ans de prison pour la conduite sous son emprise.

Cette démarche de l’association Antoine Alléno souligne l’urgence d’une réaction face à un phénomène qui menace la santé et la sécurité des jeunes. Le combat mené par Yannick Alléno pourrait bien être le catalyseur d’un changement nécessaire dans la régulation de ces substances.