Kamel Daoud condamné à trois ans de prison pour son roman « Houris » en Algérie

La sentence est tombée pour l’écrivain franco-algérien Kamel Daoud. Ce mercredi 22 avril 2026, il a annoncé être condamné à trois ans de prison ferme et à une amende de cinq millions de dinars algériens pour son roman Houris, qui a reçu le prix Goncourt en 2024. Cette décision a été rendue publique à travers un message sur le réseau social X, où l’auteur décrit le verdict comme un « fait unique dans l’histoire algérienne ».

EN BREF

  • Kamel Daoud condamné à trois ans de prison pour son roman Houris.
  • Le verdict a été prononcé le 21 avril 2026, après un procès tenu le 7 avril.
  • Le roman est interdit en Algérie en raison d’une loi sur la décennie noire.

Le procès, qui s’est tenu le 7 avril dernier, a été le résultat d’une première plainte déposée en 2024. Cette plainte visait non seulement Kamel Daoud, mais également son épouse, qui est psychiatre. La controverse porte sur l’utilisation de l’histoire d’une patiente, Saâda Arbane, rescapée d’un massacre durant la décennie noire, pour les besoins de la narration de Houris.

Le roman Houris, dont le titre fait référence aux jeunes filles promises au paradis dans la tradition musulmane, aborde des thèmes sombres et violents. L’intrigue se déroule en partie à Oran et suit le destin d’Aube, une jeune femme devenue muette à la suite d’une agression brutale d’un islamiste le 31 décembre 1999. Cette œuvre, bien que saluée par la critique, ne peut être publiée en Algérie en raison d’une loi qui interdit toute publication relative à la décennie noire, période tragique qui a coûté la vie à plus de 200 000 personnes, selon des estimations officielles.

Kamel Daoud, en plus de cette condamnation, fait face à des complications supplémentaires, notamment deux mandats d’arrêt internationaux émis par l’Algérie en mai 2025. De plus, son roman est sous le coup d’une procédure judiciaire en France pour non-respect de la vie privée, ce qui complique encore sa situation. L’interdiction de publication en Algérie met en lumière les difficultés rencontrées par les auteurs dans le pays, où la liberté d’expression reste un sujet délicat.

Cette affaire souligne également la tension persistante entre la création littéraire et les lois restrictives en Algérie, alors que des voix s’élèvent pour défendre la liberté d’écrire et de publier. La condamnation de Kamel Daoud pose ainsi la question cruciale de la protection des auteurs et de leur droit à traiter des sujets sensibles, notamment ceux liés à l’histoire récente du pays.

Il est à espérer que cette situation attirera l’attention sur les défis auxquels sont confrontés les écrivains en Algérie, et qu’elle incitera à une réflexion plus large sur la nécessité de garantir la liberté d’expression dans le monde littéraire.