Keir Starmer sous pression après la nomination controversée de Peter Mandelson

Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, se retrouve dans une situation délicate à la suite de la nomination de Peter Mandelson comme ambassadeur à Washington. Cette affaire, marquée par des révélations embarrassantes, soulève des questions sur la transparence et l’intégrité de son gouvernement.

EN BREF

  • Keir Starmer est confronté à une crise politique après la nomination de Peter Mandelson.
  • Des révélations sur les liens de Mandelson avec Jeffrey Epstein compliquent la situation.
  • Le soutien au Premier ministre s’effrite au sein de son propre gouvernement.

La nomination de Peter Mandelson a suscité un tollé au sein de la classe politique britannique. Le 23 avril, le journal The Spectator a révélé un texto dans lequel Keir Starmer encourageait Mandelson en ces termes : « Tu seras brillant dans des circonstances difficiles. » Cette phrase est désormais interprétée comme un aveu de la volonté du Premier ministre de l’installer à un poste diplomatique malgré les controverses l’entourant.

Peter Mandelson, 72 ans, figure centrale du Parti travailliste, a déjà connu des déboires politiques, ayant démissionné deux fois de son poste de ministre pendant le mandat de Tony Blair. Nommé ambassadeur à Washington en décembre 2024, il a été limogé neuf mois plus tard, à la suite de révélations liées à ses contacts avec Jeffrey Epstein, un financier impliqué dans des affaires de pédocriminalité.

Les détails de cette affaire sont troublants. Mandelson a séjourné dans l’appartement de Jeffrey Epstein en 2009, alors que ce dernier était incarcéré pour des actes criminels graves. De plus, il a reçu des paiements de 75 000 dollars de la part d’Epstein, dont il prétend ne pas se souvenir. Ces éléments ont conduit à une enquête judiciaire sur les potentielles infractions de Mandelson durant son mandat ministériel.

La question qui se pose aujourd’hui est de savoir qui, au sein du gouvernement, était informé des antécédents de Mandelson avant sa nomination. Le Financial Times a révélé qu’un activiste américain avait alerté la National Crime Agency (NCA) sur les liaisons de Mandelson avec Epstein, mais aucune enquête n’avait été ouverte à ce moment-là. Cependant, cette alerte avait été transmise à Downing Street.

Face aux révélations, Keir Starmer a tenté de défendre sa position, affirmant qu’il n’avait pas connaissance de l’étendue des informations liées à Mandelson. « Si j’avais su ce que je sais aujourd’hui, je ne l’aurais jamais nommé », avait-il déclaré en septembre après le limogeage de son ambassadeur. Pourtant, des documents rendus publics par le gouvernement montrent qu’il avait été averti des risques réputationnels liés à cette nomination.

Un autre élément clé de l’affaire est l’habilitation de sécurité accordée à Mandelson par le ministère des Affaires étrangères, malgré un avis défavorable concernant ses antécédents. Cette décision a été prise en janvier 2025, et le Premier ministre a soutenu qu’il n’était pas informé de cet avis défavorable. La responsabilité a été placée sur le haut fonctionnaire Olly Robbins, qui a depuis été démis de ses fonctions.

La situation actuelle a conduit à une division au sein du gouvernement. Des ministres commencent à prendre leurs distances, remettant en question la capacité de Starmer à diriger efficacement. Patrick Diamond, ancien conseiller à Downing Street, a noté que le soutien au Premier ministre semble s’affaiblir, et son autorité politique est en déliquescence.

Pour l’heure, Starmer peut compter sur le fait qu’il n’existe pas de successeur évident à sa tête. Angela Rayner, ancienne vice-Première ministre, est encore sous enquête fiscale, laissant le chemin libre à Starmer, bien que la pression monte à l’approche des élections locales prévues le 7 mai, qui s’annoncent déjà difficiles pour le Labour.

Interrogé sur ses intentions politiques, Keir Starmer a affirmé qu’il n’envisageait pas de démissionner. « Rien ne va me détourner de ma mission au service de notre pays », a-t-il déclaré à la chambre des Communes, mais l’avenir de son gouvernement semble incertain.