Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, se prépare à dévoiler son projet de budget pour 2026 ce mardi. Cette présentation, prévue lors du premier conseil des ministres, visera à répondre à la nécessité de ralentir la dérive des comptes publics. Alors que le Parlement est confronté à des divisions internes, le gouvernement espère trouver un compromis viable.
EN BREF
- Sébastien Lecornu présente le budget 2026 pour stabiliser les comptes publics.
- Le débat parlementaire s’annonce difficile, avec des demandes de suspension de la réforme des retraites.
- Le déficit public pourrait atteindre 5,4% du PIB en 2025, compliquant les perspectives budgétaires.
Ce budget, selon les mots de Lecornu, a été conçu pour « avoir un débat » et non pour être parfait. Le gouvernement se trouve contraint de passer à l’action rapidement, car le Parlement doit disposer d’au moins 70 jours pour examiner le projet avant la fin de l’année. Faute de quoi, une loi spéciale pourrait reconduire les crédits de 2025, gelant ainsi les dépenses de l’État.
Les tractations pour rassembler une majorité parlementaire se poursuivent, alors que le gouvernement tente d’éviter une censure ou des élections anticipées. Le débat s’est intensifié autour de la taxe Zucman, défendue par la gauche mais rejetée par le gouvernement. Ce dernier a également été confronté à des demandes de suspension de la réforme des retraites, qui prévoit un âge légal de départ à 64 ans. Le Parti socialiste a exprimé cette exigence, mais ce point est source de tensions au sein même de la majorité.
La nécessité d’un compromis est pressante, comme l’a souligné le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, qui a exprimé son exaspération face à ce qu’il considère comme un gâchis politique. Avec ce budget, le gouvernement espère éviter une aggravation de la crise politique actuelle qui a des répercussions sur les décisions d’investissement et d’embauche.
Le projet de budget pourrait ressembler à celui soumis au Haut Conseil des Finances Publiques par Lecornu le 2 octobre. Ce dernier a déjà reçu un avis, dont le contenu reste confidentiel. Plusieurs mesures sont sur la table, parmi lesquelles une diminution du train de vie de l’État et une réduction d’un impôt de production, ainsi que l’instauration d’une taxe ciblant les holdings familiales.
En parallèle, le gouvernement a revu ses ambitions en matière d’assainissement des finances publiques. Le déficit public est désormais projeté à moins de 5% du PIB, au lieu de 4,7%. Chaque dixième de point de pourcentage supplémentaire représente près de 3 milliards d’euros de dépenses additionnelles, compliquant ainsi la trajectoire vers un retour à un déficit de 3% d’ici 2029.
La situation économique reste préoccupante, avec une prévision de déficit atteignant 5,8% du PIB en 2024, représentant un écart de près de 170 milliards d’euros entre les dépenses et les recettes. La dette de la France, qui s’élève à 115,6% du PIB, est la plus élevée derrière celles de la Grèce et de l’Italie.
De plus, les prévisions de croissance pour 2026 sont revues à la baisse, avec une estimation désormais de 1% voire 0,9%, au lieu des 1,2% initialement anticipés. Cette situation entraîne une diminution des recettes fiscales, aggravée par le climat d’instabilité politique qui pèse sur les décisions économiques.
Le coût de la dette pourrait atteindre des niveaux alarmants, la charge d’intérêts dépassant les 70 milliards d’euros en 2026, ce qui pourrait devenir le premier poste de dépenses de l’État. Dans ce contexte, le gouvernement doit naviguer habilement entre les contraintes budgétaires et les impératifs politiques pour parvenir à un accord qui évite une crise plus profonde.