Attentat à la bombe en Colombie : 14 morts dans une région marquée par la violence

Un attentat à la bombe a causé la mort de 14 personnes et blessé 38 autres samedi sur une route du sud-ouest de la Colombie. Cette tragédie survient alors que le pays est en proie à une recrudescence de violences, à un peu plus d’un mois de la présidentielle.

EN BREF

  • 14 personnes ont perdu la vie dans un attentat à El Tunel, Cauca.
  • Les autorités accusent la dissidence des Farc, un groupe armé non signataire de l’accord de paix.
  • Cette violence s’intensifie à l’approche des élections présidentielles du 31 mai.

Les images diffusées par l’AFP montrent des scènes de chaos : véhicules détruits, corps des victimes dispersés et cratères béants sur la route où l’explosion a eu lieu. L’attentat s’est produit dans le département du Cauca, une zone historiquement contrôlée par divers groupes armés.

Le gouverneur du Cauca, Octavio Guzmán, a confirmé le bilan de 14 morts et a précisé que parmi les blessés, cinq étaient des mineurs. « Nous attendions que l’on nous laisse passer lorsque la bombe a explosé », a témoigné Francisco Javier Betancourt, un producteur de café qui a assisté à la scène. Ses mots résument l’angoisse qui règne dans une région où la sécurité est de plus en plus menacée.

Une source policière a également indiqué que les équipes de secours cherchaient encore des personnes disparues. La situation sur le terrain est compliquée par des échanges de tirs entre les forces de l’ordre et des guérilleros, rendant l’évaluation des victimes encore plus difficile.

Le président Gustavo Petro a qualifié les auteurs de cet attentat de « terroristes, fascistes et trafiquants de drogue », en ciblant directement Ivan Mordisco, le chef de la dissidence des Farc. Après une année de tentatives de négociation, Gustavo Petro, qui s’apprête à quitter le pouvoir, a choisi d’intensifier la répression contre ce groupe armé.

La violence ne se limite pas à cet attentat. Un jour avant celui-ci, une attaque contre une base militaire à Cali a fait un mort, marquant le début d’une série d’attaques dans les régions de la Vallée du Cauca et du Cauca, fief de Mordisco. En 2025, des attaques similaires avaient déjà causé la mort de civils, illustrant une tendance inquiétante dans cette partie du pays.

Le ministre de la Défense, Pedro Sánchez, a annoncé un renforcement de la présence militaire et policière dans la région du Cauca pour tenter de restaurer la sécurité. Cette escalade de violence intervient à un moment crucial, la Colombie se préparant à des élections présidentielles le 31 mai, où la question de la sécurité est primordiale.

Gustavo Petro, élu en 2022, laisse le pouvoir à un dauphin politique, le sénateur Iván Cepeda, qui est actuellement le favori des sondages. Cependant, la campagne électorale est marquée par des menaces de mort à l’encontre de plusieurs candidats, notamment ceux de droite, Abelardo de la Espriella et Paloma Valencia, qui bénéficient d’une protection renforcée.

La Colombie fait face à un phénomène récurrent où des groupes armés, souvent financés par le trafic de drogue et d’autres activités illégales, exercent une pression violente sur les élections. Ce climat d’insécurité soulève des inquiétudes quant à l’avenir démocratique du pays.