Une procédure disciplinaire a été engagée contre l’actuel et l’ancien président de l’Ordre des médecins du Finistère, suite à des allégations de manquements dans la gestion de l’affaire Joël Le Scouarnec. Cette information a été confirmée par l’AFP le 25 avril, après qu’elle ait été initialement relayée par franceinfo.
EN BREF
- Deux présidents de l’Ordre des médecins du Finistère sous enquête disciplinaire.
- Des manquements déontologiques liés à l’affaire Le Scouarnec.
- Joël Le Scouarnec a été condamné pour des violences sexuelles sur 298 victimes.
Les médecins concernés, selon Jean-Christophe Boyer, avocat de l’association L’Enfant Bleu, doivent rendre des comptes concernant des décisions prises en 2006. L’association a déposé plainte en janvier, invoquant des manquements graves aux obligations déontologiques de ces professionnels.
Jean-Christophe Boyer a exprimé son souhait d’un débat impartial afin de déterminer si ces médecins ont réellement failli à leurs responsabilités et si les règles en place sont adéquates. Un des médecins visés par la plainte est décédé récemment, ce qui complique la situation.
Il est important de rappeler que Joël Le Scouarnec, ancien chirurgien, a été condamné en mai 2025 à 20 ans de réclusion pour des actes de violence sexuelle sur 298 victimes, parmi lesquelles la majorité étaient des patients mineurs, souvent en état d’endormissement durant les faits. Cette affaire a révélé des défaillances dans la surveillance et la régulation des comportements au sein de la profession médicale.
Le passé de Le Scouarnec est également marqué par une condamnation en 2005 à quatre mois de prison avec sursis pour possession d’images de violences sexuelles sur enfants. Malgré cela, il a continué à exercer sans restrictions dans plusieurs établissements de santé en France jusqu’à son arrestation en 2017.
Le Conseil de l’Ordre des médecins du Finistère avait connaissance de cette condamnation. Lors d’une réunion, Le Scouarnec a admis les faits, mais l’Ordre a voté majoritairement contre l’idée que sa consultation de contenus pornographiques impliquant des enfants constituait une atteinte à la déontologie médicale. Ce vote, avec 18 voix contre et une abstention, a entraîné une décision de laisser l’administration gérer la situation.
Jean-Christophe Boyer critique cette réaction, arguant que l’Ordre des médecins du Finistère a tenté de se dérober à ses responsabilités. Il insiste sur le fait que le principe de « plus jamais ça » doit également passer par des réformes systémiques des règles et des mentalités au sein de la profession.
Le Conseil national de l’Ordre des médecins n’a pas souhaité commenter cette affaire lorsque contacté par l’AFP. De leur côté, l’Ordre des médecins du Finistère et les deux praticiens n’ont pas pu être joints pour faire des déclarations.
En parallèle, le parquet de Lorient a ouvert en juillet 2025 une information judiciaire contre X pour abstention volontaire d’empêcher des crimes et délits, ce qui pourrait entraîner d’autres conséquences judiciaires dans cette affaire complexe.