Ce samedi 25 mars, Emmanuel Macron a effectué une visite officielle à Athènes, marquée par des déclarations significatives concernant l’accord de défense entre la France et la Grèce. Ce partenariat, qui a été signé pour la première fois en 2021, est désormais renforcé par une promesse d’assistance mutuelle en cas d’agression, un engagement que le président français a qualifié de « béton ». Lors d’une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, il a affirmé sans équivoque : « Ne vous posez même pas la question. Quoi qu’il arrive, nous serons là, à vos côtés. »
EN BREF
- Macron réaffirme la solidité de l’accord de défense français-grec à Athènes.
- Les deux pays cherchent à établir un modèle de défense européenne face aux incertitudes géopolitiques.
- La Grèce a commandé des armements français, renforçant ainsi ce partenariat stratégique.
Les discussions entre Emmanuel Macron et Kyriakos Mitsotakis ont également eu lieu dans le cadre historique de l’Agora romaine, où le Premier ministre grec a souligné que les propos du président français avaient « véritablement touché le cœur des Grecs ». Ce rapprochement est d’autant plus significatif dans un contexte où la Grèce a augmenté ses achats d’armements français, notamment 24 avions de chasse Rafale et quatre frégates, depuis l’arrivée de Mitsotakis au pouvoir en 2019.
Le partenariat stratégique entre la France et la Grèce est perçu comme un modèle pour l’Europe de la défense, qui peine encore à se structurer face aux défis géopolitiques actuels. Les deux dirigeants estiment que cet accord de défense doit servir d’exemple pour renforcer la coopération militaire sur le continent, notamment en réponse à un désengagement croissant des États-Unis en Europe.
Lors de cette rencontre, Kyriakos Mitsotakis a noté que ce rapprochement a été anticipé par les récents bouleversements géopolitiques. Par ailleurs, il a mis en avant la nécessité d’une autonomie stratégique pour l’Europe, une idée que partage Emmanuel Macron depuis son discours à la Sorbonne en 2017.
Concrètement, l’accord franco-grec sera reconduit tacitement et complété par un partenariat stratégique élargi. Ce dernier intervient dans un contexte où les tensions avec la Turquie, un ancien rival historique et partenaire de l’Otan, continuent de resurgir, justifiant ainsi les efforts d’Athènes pour moderniser ses forces armées.
En outre, la Grèce fait partie des pays européens qui ont accepté d’adhérer à une initiative française de coopération sur le feu nucléaire. Cela inclut la possibilité d’accueillir des « déploiements de circonstances » d’avions français dotés d’armements nucléaires sur son territoire.
Emmanuel Macron a conclu en affirmant que cette dynamique d’entente entre la France et la Grèce inspire le reste de l’Europe. Il a mis en avant la consolidation du pilier européen de l’Otan ainsi que la formation d’une véritable stratégie pour une Europe de la défense, se réjouissant de pouvoir dessiner depuis Athènes une diplomatie stable et fiable, loin des fluctuations politiques américaines.