Depuis samedi, le Mali est le théâtre d’une escalade de violences sans précédent, marqué par des attaques coordonnées d’une ampleur rare. Ces événements plongent le pays dans une crise sécuritaire qui s’aggrave depuis 2012, exacerbée par la montée en puissance des groupes djihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique (EI). La situation actuelle rappelle les débuts des conflits qui ont bouleversé le pays il y a plus d’une décennie.
EN BREF
- Des attaques coordonnées des djihadistes et rebelles touaregs ont eu lieu au Mali.
- Le ministre de la Défense, Sadio Camara, a été tué lors d’une attaque à Kati.
- La junte au pouvoir est confrontée à une situation de confusion au sommet de l’État.
Les combats, qui ont débuté samedi, ont été orchestrés par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), allié à Al-Qaïda, et par le Front de libération de l’Azawad (FLA), un groupe séparatiste touareg. Ces attaques visent des positions stratégiques de la junte militaire au pouvoir depuis le coup d’État de 2020. Les affrontements se poursuivent alors que l’armée malienne tente de reprendre le contrôle de la situation.
Dimanche, bien que les affrontements aient diminué en intensité dans certaines zones, le climat reste tendu. À Kati, fief de la junte, le calme est revenu après des tirs signalés plus tôt dans la journée. Cependant, à Sévaré, des coups de feu continuent d’être entendus, laissant la population dans une situation d’incertitude. Les rebelles du FLA revendiquent le contrôle total de la ville de Kidal, un axe stratégique, tout en affirmant avoir conclu un accord pour le retrait des soldats russes de l’Africa Corps, qui avaient récemment soutenu l’armée malienne.
Le bilan des combats est préoccupant. Selon des sources gouvernementales, 16 personnes ont été blessées, civils et militaires confondus, et les dommages matériels sont évalués comme limités. Cependant, de nombreux observateurs craignent que le nombre de victimes, notamment parmi les civils, n’augmente dans les jours à venir.
Un coup dur pour le régime en place, le ministre de la Défense, Sadio Camara, a été tué lors d’une attaque par un véhicule piégé à Kati. Ce décès a été confirmé par le gouvernement, qui a précisé que le général Camara avait tenté de repousser les assaillants avant d’être blessé. Transporté à l’hôpital, il a succombé à ses blessures. Sa mort a suscité une onde de choc au sein du gouvernement et du peuple malien, et il aura droit à des funérailles nationales.
Le général Assimi Goïta, chef de la junte, reste introuvable depuis le début des hostilités. Des sources au sein des institutions sécuritaires indiquent qu’il aurait été exfiltré de Kati pour des raisons de sécurité, mais son silence suscite des interrogations quant à la gestion de la crise par les autorités. Les tensions entre la junte et les groupes rebelles, qui se sont intensifiées ces dernières années, atteignent désormais un point critique.
Le JNIM a revendiqué la responsabilité des attaques, qualifiant ces opérations de « victoire » contre le gouvernement malien. Les djihadistes ont ciblé plusieurs installations, y compris le siège du président malien, l’aéroport international de Bamako, et d’autres sites militaires. Ce regain de violence s’inscrit dans un contexte de tension persistante au Mali, où la lutte pour le contrôle territorial et l’influence politique fait rage.
À l’heure actuelle, la communauté internationale observe avec une inquiétude croissante la dégradation de la situation sécuritaire au Mali, tout en appelant à un dialogue inclusif entre toutes les parties prenantes pour mettre fin aux violences et restaurer la paix dans le pays.