Attentat à El Tunel : 20 morts et une Colombie en état d’alerte

Un attentat à la bombe survenu samedi sur une route du sud-ouest de la Colombie a causé la mort d’au moins 20 personnes et blessé 36 autres. Cet événement tragique, qui s’est produit à El Tunel, intervient dans un contexte de violences croissantes à l’approche des élections présidentielles prévues dans un mois.

EN BREF

  • Un attentat à la bombe à El Tunel fait 20 morts et 36 blessés.
  • Le gouverneur de la région accuse les dissidents des Farc.
  • La sécurité est devenue un enjeu majeur à l’approche des élections du 31 mai.

Octavio Guzma, le gouverneur du Cauca, a confirmé le bilan tragique dans un message publié sur X. Initialement, les autorités médico-légales avaient comptabilisé 19 victimes, mais ce chiffre a été révisé à la hausse. L’attaque a été causée par une bombe artisanale, qui a touché plusieurs véhicules sur la route Panaméricaine, reliant Cali et Popayan, à proximité de Cajibio et El Tunel.

Des images ont révélé des scènes de désolation, montrant des corps, des véhicules détruits et de profonds cratères sur la route. Des témoins, comme Francisco Javier Betancourt, un producteur de café, ont relaté l’horreur de l’explosion : « Nous attendions qu’on nous laisse passer et cette bombe a explosé là », a-t-il déclaré, visiblement choqué par l’ampleur de la violence.

La Colombie est actuellement en pleine campagne électorale, où les questions de sécurité occupent une place centrale. Les autorités ont immédiatement pointé du doigt la principale dissidence des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), qui refuse de se conformer à l’accord de paix signé en 2016. Ce groupe est accusé de semer la terreur à travers le pays.

Le président Gustavo Petro, dont le mandat touche à sa fin, a qualifié les auteurs de l’attentat de « terroristes, fascistes et trafiquants de drogue ». Il a exprimé sa détermination à engager une guerre frontale contre les dissidents, en particulier contre Ivan Mordisco, le leader de la dissidence des Farc, pour qui une récompense d’un million de dollars est offerte pour toute information conduisant à sa capture.

Ce climat de violence s’est intensifié, notamment après une attaque ayant eu lieu vendredi contre une base militaire à Cali, qui a également fait un mort. Ces événements marquent le début d’une série d’attaques dans les régions du Cauca et de la Vallée du Cauca, des bastions de la dissidence des Farc sous le contrôle de Mordisco. En 2025, des attentats similaires avaient déjà fait des victimes parmi les forces de l’ordre et les civils, illustrant l’une des pires vagues de violence de la dernière décennie en Colombie.

Pour faire face à cette situation inquiétante, le ministre de la Défense, Pedro Sánchez, a annoncé un renforcement de la présence militaire et policière dans la région touchée. À l’approche de l’élection présidentielle du 31 mai, où la sécurité est un sujet crucial, la tension est palpable. Le candidat favori, Iván Cepeda, ainsi que ses rivaux de droite, Abelardo de la Espriella et Paloma Valencia, ont tous signalé des menaces de mort, nécessitant des mesures de sécurité accrue.

Les groupes armés en Colombie, souvent financés par des activités illégales telles que le trafic de drogue et l’extorsion, continuent d’exercer une pression violente sur le processus électoral, tant au niveau local que national. L’élection à venir constitue un moment décisif pour le pays, déjà éprouvé par des décennies de conflits et de violences.