Le suspect du dîner des correspondants de Washington a partagé son plan avant l’attaque

Le samedi 25 avril 2023, quelques minutes avant de tenter d’attaquer le dîner des correspondants à l’hôtel Hilton de Washington DC, Cole Tomas Allen, un homme de 31 ans, a pris soin de coucher par écrit ses intentions. Dans ce texte, il décrit ses cibles et la manière dont il envisageait son geste. Ce document, partagé avec les autorités par un membre de sa famille, a été révélé par le New York Post et son authenticité confirmée par plusieurs médias américains.

EN BREF

  • Cole Tomas Allen a rédigé un texte détaillant ses intentions avant l’attaque.
  • Il visait des responsables de l’administration Trump, notamment Donald Trump.
  • Les enquêteurs utilisent ce document pour comprendre ses motivations et la préparation de l’attaque.

Dans son message, Allen se présente comme un « assassin fédéral amical », déclarant agir par souci de responsabilité politique personnelle. Selon ses mots, il se sentait concerné par les actions de ses représentants. Il n’hésite pas à viser directement Donald Trump, affirmant : « Je ne suis plus disposé à laisser un pédophile, violeur et traître salir mes mains avec ses crimes ». Cette déclaration a suscité une réaction intense de Trump lors d’une interview sur CBS, où il a rejeté ces accusations avec véhémence.

Dans l’émission 60 Minutes, Trump a interrompu la journaliste, exprimant son indignation face à ces allégations. « Je ne suis pas un violeur, je n’ai violé personne […] je ne suis pas un pédophile », a-t-il insisté, tout en dénonçant le texte comme « les saloperies d’un malade ». Cette réaction souligne l’impact émotionnel et politique que le document a eu sur le débat public.

Le texte d’Allen ne se limite pas à des accusations, il contient également des éléments stratégiques concernant ses cibles. Il évoque des « règles d’engagement », hiérarchisant ses victimes potentielles, en indiquant que les membres de l’administration étaient ses principales cibles, tandis que les forces de sécurité n’étaient à viser que « si nécessaire ». Ce souci de limiter les victimes collatérales montre une réflexion inquiétante sur la manière dont il envisageait son acte.

Dans une tentative de justification, Allen évoque sa foi, arguant que l’inaction face à l’oppression est complice. « Tendre l’autre joue, c’est quand on est soi-même opprimé […] quand quelqu’un d’autre l’est, ne rien faire revient à être complice », écrit-il, illustrant ainsi une contradiction profonde entre ses motivations et ses excuses.

Le document révèle également un état d’esprit tourmenté. Allen s’excuse auprès de ses proches, exprimant sa peur et sa détresse : « C’est horrible. J’ai envie de vomir, j’ai envie de pleurer », confie-t-il, avant de critiquer le niveau de sécurité des lieux. « Je m’attendais à des caméras partout, des agents tous les dix mètres […], ce que j’ai trouvé, c’est rien », écrit-il, suggérant qu’il a pu entrer armé dans l’hôtel sans difficulté.

Les enquêteurs, qui privilégient l’hypothèse d’un acte isolé, s’appuient sur ce texte pour analyser les intentions d’Allen et les circonstances de sa tentative d’attaque. Originaire de Californie, il avait rejoint Washington en train, s’enregistrant ensuite à l’hôtel où se tenait le dîner des correspondants de la Maison-Blanche.

Ce samedi soir, Allen a tenté de franchir un point de contrôle de sécurité, ce qui a conduit à son interception rapide par les agents des services secrets. Bien qu’un agent ait été blessé, son pronostic vital n’est pas engagé. Le contenu du texte est désormais un élément central pour éclairer les motivations du suspect et le déroulé de l’attaque avortée.