Blocage inédit des prisons : les surveillants dénoncent une situation insupportable

Face à une surpopulation carcérale croissante et à un manque d’effectifs alarmant, l’UFAP UNSa Justice, premier syndicat des surveillants pénitentiaires, a annoncé une mobilisation d’envergure. Ce blocage, qui se déroulera le 27 avril 2026, vise à alerter sur des conditions de travail jugées insoutenables et à exiger des réponses immédiates du gouvernement.

EN BREF

  • Les surveillants pénitentiaires prévoient un blocage massif des prisons le 27 avril 2026.
  • La mobilisation est causée par la surpopulation et le manque d’effectifs dans les établissements.
  • Le syndicat réclame des mesures urgentes pour améliorer les conditions de travail.

Dans un communiqué publié sur leur site, l’UFAP UNSa Justice déclare vouloir réaliser un « blocage général de l’institution pénitentiaire ». Le syndicat met en lumière les conditions de travail de plus en plus difficiles pour les surveillants, qui sont confrontés à un quotidien devenu un véritable calvaire. Avec un taux d’occupation des prisons atteignant 137,5 % et 87 126 détenus pour seulement 63 000 places, la situation est devenue critique. En effet, selon le Journal du Dimanche, près de 6 900 personnes ont dû passer la nuit sur des matelas posés au sol l’année dernière.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : au 1er mars, les prisons françaises comptaient un effectif de 5 000 postes vacants au sein de l’administration pénitentiaire. Cette pénurie de personnel accentue les risques d’agressions physiques et rend la tâche des surveillants encore plus ardue. Alexandre Caby, secrétaire général du syndicat, a souligné l’urgence de faire entendre leurs revendications, affirmant qu’il est temps d’agir pour garantir la sécurité et le bien-être des agents comme des détenus.

Les blocages débuteront entre 6h et 7h selon les établissements. Ils seront orchestrés par des surveillants en congé, car les agents en fonction n’ont pas le droit de faire grève. Ces actions visent à bloquer l’accès et la sortie des prisons, touchant ainsi les visiteurs, les avocats et les collègues censés prendre le relais des équipes de nuit. Cette stratégie de mobilisation montre la détermination des surveillants à faire face à une situation qu’ils jugent insupportable.

Dans un contexte où la gestion des prisons semble être en panne, l’UFAP UNSa Justice demande au gouvernement de combler les 5 000 emplois vacants et de mettre en place une politique pénitentiaire réaliste et durable. Le syndicat critique les mesures temporaires qui ne font que masquer l’urgence sans offrir de solutions à long terme.

Ce mouvement de blocage s’inscrit dans une série d’actions visant à attirer l’attention sur les conditions de détention et de travail au sein des établissements pénitentiaires. La mobilisation du 27 avril pourrait être un tournant dans la lutte pour des conditions de travail dignes et la sécurité des surveillants et des détenus.