Dans un rapport publié ce mardi, Médecins Sans Frontières (MSF) dénonce l’utilisation de l’accès à l’eau comme une « arme punitive » par les autorités israéliennes à l’encontre de la population de Gaza. L’ONG affirme que cette privation d’une ressource essentielle constitue une « campagne punitive collective » qui s’inscrit dans un schéma plus large de violence et de destruction.
EN BREF
- MSF dénonce l’accès à l’eau utilisé comme une arme par Israël contre Gaza.
- La destruction des infrastructures d’eau a atteint près de 90 % selon des sources officielles.
- Les conséquences sanitaires sont alarmantes pour la population, notamment les femmes et les personnes handicapées.
Le rapport, intitulé « L’eau comme arme : la destruction et la privation d’eau et d’assainissement par Israël à Gaza », expose en détail les conséquences dramatiques de cette situation. MSF souligne que la privation délibérée d’eau est liée à d’autres formes de violence, notamment les meurtres, la destruction des infrastructures de santé et la démolition des habitations. L’ONG affirme que ces actions témoignent d’une volonté manifeste d’imposer des conditions de vie inhumaines aux Palestiniens.
Claire San Filippo, responsable des urgences chez MSF, évoque la stratégie israélienne qui vise à détruire les infrastructures hydrauliques de Gaza. « Les autorités israéliennes savent que sans eau, la vie s’arrête. Pourtant, elles ont systématiquement et délibérément détruit les infrastructures hydrauliques à Gaza, tout en bloquant de manière constante l’entrée des équipements liés à l’eau », déclare-t-elle dans le communiqué.
Malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis octobre 2023, la situation à Gaza demeure critique. Les hostilités se poursuivent, Israël et le mouvement islamiste Hamas s’accusant mutuellement de violer la trêve. Les données de l’ONU, de l’Union européenne et de la Banque mondiale indiquent qu’Israël a détruit ou endommagé près de 90 % des infrastructures d’eau et d’assainissement dans la région.
Les équipes de MSF rapportent avoir documenté des cas de tirs de l’armée israélienne sur des camions-citernes « clairement identifiés », ainsi que la destruction de forages vitaux pour des milliers de personnes. « Des Palestiniens ont été blessés et tués alors qu’ils tentaient simplement d’accéder à l’eau », insiste Claire San Filippo.
Face à cette pénurie d’eau, MSF se positionne comme le principal producteur et distributeur d’eau potable à Gaza, après les autorités locales. En mars 2026, l’ONG fournissait plus de 5,3 millions de litres d’eau par jour, ce qui répondait aux besoins minimums de plus de 407.000 personnes, soit environ un habitant sur cinq. Cependant, les ordres de déplacement imposés par l’armée israélienne rendent difficile l’accès aux zones où MSF est censée intervenir.
Les entraves à l’entrée de matériel essentiel pour l’eau et l’assainissement sont une autre préoccupation majeure. Un tiers des demandes de MSF pour faire entrer des unités de dessalement et d’autres équipements ont été refusées ou sont restées sans réponse. Cette situation a des conséquences désastreuses sur la santé, l’hygiène et la dignité des populations, en particulier pour les groupes vulnérables.
MSF souligne que l’absence d’accès à l’eau potable et aux installations sanitaires favorise la propagation de maladies, notamment les infections respiratoires et les maladies diarrhéiques. L’ONG appelle donc les autorités israéliennes à rétablir immédiatement l’accès à l’eau à des niveaux suffisants pour les habitants de Gaza, tout en exhortant leurs alliés à faire pression pour lever les entraves à l’aide humanitaire.
La situation à Gaza reste une préoccupation internationale, et les appels à l’aide se multiplient pour mettre fin à cette crise humanitaire sans précédent. Il est impératif que des mesures soient prises pour garantir le droit à l’eau, un besoin fondamental de toute société digne de ce nom.