La réouverture du site Coco suscite une enquête du parquet de Paris

Le site internet « Coco », qui avait été interdit par la justice en été 2024, est de nouveau sous le feu des projecteurs. Cette plateforme de chat en ligne, ayant refait surface sous le nom de « Cocoland », fait l’objet d’une enquête ouverte par le parquet de Paris. Ce dernier a confié l’affaire à l’unité nationale cyber de la gendarmerie nationale, comme l’a annoncé le ministère public ce mardi 28 avril.

EN BREF

  • Le parquet de Paris enquête sur la réouverture du site « Coco ».
  • La plateforme est accusée d’avoir facilité des crimes sexuels et homophobes.
  • La haute-commissaire à l’Enfance alerte sur les dangers liés à ce site.

Au cœur de cette controverse, le site est accusé d’avoir facilité plusieurs crimes, notamment dans le cadre de l’affaire Pelicot. Dominique Pelicot, condamné à 20 ans de réclusion, aurait utilisé cette plateforme pour recruter des hommes dans le but de violer sa femme, sans son consentement. Ce fait souligne la gravité des accusations pesant sur le site, qui a suscité l’inquiétude des autorités et des associations de protection de l’enfance.

Révélée par Ouest-France, la réouverture du site est intervenue mi-avril. Selon le quotidien, l’identité visuelle et le fonctionnement de la plateforme demeurent identiques à l’ancienne version. Plus surprenant encore, les mentions légales du nouveau site font référence à l’ancien domaine, coco.gg, soulignant une continuité troublante.

Un expert en cybersécurité a également indiqué à Ouest-France que cette nouvelle version de Coco a été pensée pour perdurer, avec un domaine miroir déjà en place pour contourner une éventuelle fermeture. Cette stratégie pourrait compliquer les efforts des autorités pour mettre un terme à cette activité illégale.

La haute-commissaire à l’Enfance, Sarah el Haïry, a exprimé son indignation face à la résurgence de cette plateforme. Lors d’une intervention sur RMC le 18 avril, elle a qualifié le retour du site d’une « vraie gifle à la promesse de protection » faite aux enfants. Elle a mis en garde contre les dangers que représentent de tels sites, qui, selon elle, exploitent les vulnérabilités des jeunes et facilitent des actes criminels graves, tels que des guets-apens, des viols, du trafic de drogue et même de la traite humaine.

« Il y a des procédures qui sont lancées, ces démarches permettront de les faire fermer. Nous allons les traquer, les harceler et leur assurer qu’ils n’auront aucun répit », a-t-elle affirmé, soulignant l’engagement des autorités à lutter contre ces plateformes néfastes.

Le site « Coco », immatriculé à l’étranger, a été fondé au début des années 2010 par Isaac Steidl, un Italien qui a été inculpé le 9 janvier 2025 à Paris. Il fait face à des accusations graves, notamment pour complicité de trafic de stupéfiants et diffusion d’images pédopornographiques. Toutefois, il conteste ces accusations, affirmant son innocence.

La situation actuelle alerte ainsi sur la nécessité d’une vigilance accrue face aux dangers que représentent de telles plateformes. Les autorités doivent redoubler d’efforts pour protéger les plus vulnérables et garantir un environnement en ligne plus sûr.