Les auto-écoles en péril à cause du piratage de l’ANTS

Une cyberattaque survenue le 15 avril a gravement affecté l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS), plongeant plusieurs secteurs dans le chaos. Depuis le 24 avril, le portail de l’ANTS est hors service pour permettre des mesures de renforcement de sécurité. Bien que certaines fonctionnalités restent accessibles, l’impossibilité de suivre les démarches essentielles crée un climat de tension, en particulier pour les auto-écoles.

EN BREF

  • Le piratage de l’ANTS paralyse plusieurs secteurs, dont les auto-écoles.
  • 11,7 millions de comptes sont concernés par cette cyberattaque.
  • Aucune date de retour à la normale n’a été annoncée.

Les auto-écoles se retrouvent dans une situation délicate. Sandra Carasco, responsable d’une auto-école en Gironde, a déclaré : « Depuis vendredi, j’ai mis une dizaine de dossiers en attente. On a besoin d’un numéro, le NEPH (numéro d’enregistrement préfectoral harmonisé), pour pouvoir démarrer la formation pratique ou même pour que les élèves puissent passer le code de la route. » Cette situation met en lumière la dépendance des auto-écoles à l’égard de l’ANTS pour des démarches essentielles.

Créée en 2007, l’ANTS joue un rôle fondamental dans l’accompagnement des usagers pour l’immatriculation, le permis de conduire et les titres d’identité. Le ministère de l’Intérieur a confirmé que le piratage a affecté 11,7 millions de comptes, rendant le retour à la normale d’autant plus urgent. En attendant, les usagers peuvent toujours effectuer certaines démarches en mairie, bien que cela soit plus long.

Pour les auto-écoles, la situation est d’autant plus critique. Le ministère a annoncé une période de tolérance permettant aux élèves de commencer leur formation pratique sans numéro NEPH, mais cela ne résout pas le problème fondamental de l’accès aux services. Nadège, gérante d’une concession de véhicules américains, ajoute : « L’ANTS étant en panne, on ne peut pas reprendre le dossier. Ça n’avance pas et le client ne va plus pouvoir rouler avec son véhicule. »

Les alternatives pour effectuer des démarches en cas de blocage sont limitées. Pour les cartes grises, une application, Simplimat.gouv, a été mise en place pour remplacer temporairement l’ANTS, mais cette solution ne s’applique pas aux véhicules importés, laissant de nombreux usagers dans l’incertitude.

En résumé, la cyberattaque de l’ANTS a provoqué un véritable imbroglio pour des millions d’usagers et des secteurs tels que les auto-écoles. La situation nécessite une attention urgente, car les conséquences se font déjà sentir sur le terrain, avec des dossiers en attente et des élèves incapables de débuter leur formation. Le manque d’informations sur une date de retour à la normale ne fait qu’aggraver cette crise.