La France se démarque comme l’un des principaux marchés de produits de la mer à l’échelle mondiale. Chaque année, les Français consomment des centaines de milliers de tonnes de coquillages, crustacés et mollusques. Pourtant, il est fréquent de penser que la crevette ou l’huître se trouvent en tête de ce classement. En réalité, le podium, établi par le Comité National de la Conchyliculture et FranceAgriMer, révèle des résultats surprenants.
EN BREF
- La moule est le fruit de mer le plus consommé en France avec 80 000 tonnes par an.
- La crevette et l’huître suivent respectivement en deuxième et troisième position.
- La consommation de fruits de mer augmente depuis 2015, portée par des considérations de santé.
Avec environ 80 000 tonnes englouties chaque année, la moule s’affiche comme le fruit de mer le plus prisé des Français, devançant largement ses concurrents. Sa production, majoritairement concentrée en Bretagne, en Normandie et sur la côte Atlantique, ne couvre toutefois pas toute la demande, entraînant des importations significatives des Pays-Bas et d’Espagne.
Le secret de son succès réside en partie dans son prix attractif. À moins de 3 € le kilo en saison, la moule se positionne comme un choix économique, apprécié des consommateurs tout au long de l’année. Les moules-frites, par exemple, figurent parmi les plats les plus demandés dans les brasseries françaises, prouvant ainsi son rapport qualité-prix exceptionnel.
À la deuxième place, la crevette, véritable star des apéritifs et des plateaux de fruits de mer, séduit également les Français avec une consommation d’environ 60 000 tonnes par an. Les variétés les plus populaires incluent la crevette nordique, connue sous le nom de petite grise, et la gambas, la plus grosse. Cependant, il est intéressant de noter que la majorité des crevettes consommées en France proviennent de l’étranger, notamment d’Équateur, d’Inde et du Maroc. La crevette de Honfleur ou de la baie de l’Aiguillon, bien que délicieuse, ne représente qu’une fraction du marché.
En troisième position, l’huître, avec environ 50 000 tonnes consommées chaque année, confirme le statut de la France comme premier producteur européen. Les bassins de Marennes-Oléron, Arcachon et la Bretagne sont les principaux producteurs. Toutefois, la consommation de ce mollusque reste très saisonnière, avec plus de 40 % des achats réalisés entre Noël et le Jour de l’An, ce qui limite son ascension dans le classement.
Le bulot, en quatrième position avec environ 15 000 tonnes, est un mollusque souvent sous-estimé. Bien qu’il soit vendu à un prix raisonnable sur les marchés, sa popularité dépasse les attentes. La Normandie est le principal fournisseur, et le bulot mayonnaise figure parmi les plats emblématiques des fêtes foraines.
Le homard, avec une consommation d’environ 10 000 tonnes, arrive en cinquième position. Bien que sa majorité provienne du Canada, les supermarchés ont réussi à le rendre plus accessible, notamment avec des barquettes à des prix modérés. Les chefs étoilés suggèrent d’explorer des options de qualité à bon prix, rendant ce produit plus populaire.
La langouste occupe la sixième place avec environ 5 000 tonnes consommées annuellement, majoritairement sur les côtes bretonnes et mauritaniennes. Son prix, pouvant atteindre entre 60 et 120 € le kilo, la réserve aux occasions spéciales.
La coquille Saint-Jacques, quant à elle, se classe septième avec environ 4 500 tonnes consommées chaque année. Sa pêche est strictement réglementée, et sa saison s’étend d’octobre à mai. Les pêcheurs artisanaux de la baie de Saint-Brieuc et de la Seine-Maritime en font un produit prisé, bien que sa disponibilité hors saison soit limitée.
Enfin, la palourde clôture le classement avec plus de 3 500 tonnes consommées. Bien qu’elle soit souvent confondue avec la moule, elle est particulièrement appréciée dans le Sud-Ouest et en Bretagne, notamment lorsqu’elle est farcie à la provençale.
Ce classement met en lumière l’énorme écart entre la moule, qui domine avec ses 80 000 tonnes, et la palourde, qui en est bien loin. Les Français semblent privilégier leur budget lors de leurs choix de fruits de mer, favorisant les produits plus abordables comme la moule, tout en voyant une tendance à la hausse pour les produits nobles tels que le homard et la langouste.
Notons également que la consommation de fruits de mer a montré une augmentation constante depuis 2015, soutenue par les bienfaits santé associés à ces produits, tels que les protéines et les oméga-3. Alors que certains Français cherchent à adopter une alimentation méditerranéenne, la popularité des fruits de mer continue de croître, reflet de leurs préférences alimentaires.
Le plateau de fruits de mer traditionnel du réveillon ne représente pas seulement un moment convivial : il est aussi le reflet des goûts culinaires des Français. Désormais, vous saurez que la moule, bien plus que la crevette ou l’huître, est le véritable champion des fruits de mer dans l’Hexagone.