Elon Musk se retrouve au cœur d’une bataille juridique intense contre OpenAI, la célèbre entreprise qu’il a cofondée. Ce jeudi, lors du quatrième jour de son procès au tribunal fédéral d’Oakland, en Californie, il a dû justifier en quoi ses activités dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA) ne sont pas comparables à celles d’OpenAI, qu’il accuse d’avoir abandonné sa mission philanthropique.
EN BREF
- Elon Musk est en procès contre OpenAI, qu’il accuse de trahison de sa mission initiale.
- Il défend ses entreprises lucratives tout en critiquant la direction commerciale d’OpenAI.
- La juge a dû intervenir pour maintenir l’ordre lors de l’audience.
Le tribunal a été le théâtre d’échanges parfois tendus entre le multimilliardaire et l’avocat d’OpenAI. Musk a exprimé son irritation face à ce qu’il considère comme des interruptions incessantes lors de ses réponses. « Mes réponses ne peuvent pas être complètes si vous me coupez la parole tout le temps », a-t-il déclaré, illustrant la dynamique complexe de ce procès.
La juge Yvonne Gonzalez Rogers a été contrainte d’intervenir fréquemment pour rappeler à Musk de répondre directement aux questions posées. À plusieurs reprises, elle l’a accusé de jouer au juriste, en se plaignant des questions « orientées » de la partie adverse. Musk, avec son habituel sourire impertinent, a reconnu qu’il n’était pas avocat, mais a souligné qu’il avait suivi un cours de droit à l’université, ce qui a provoqué des rires dans la salle d’audience.
Le différend se concentre sur la transformation d’OpenAI, initialement créée comme une organisation à but non lucratif, en une entreprise commerciale, valorisée aujourd’hui à plus de 850 milliards de dollars. Musk accuse son ancien protégé, le PDG d’OpenAI, Sam Altman, et le cofondateur Greg Brockman, d’avoir trahi l’esprit de la fondation. Il réclame le retour d’OpenAI à son statut d’organisation à but non lucratif, ce qui pourrait bloquer l’entrée en Bourse prévue de l’entreprise.
Lors des débats, l’avocat d’OpenAI, Bill Savitt, a cherché à démontrer que Musk se comporte de la même manière que ceux qu’il critique. Selon lui, toutes les entreprises de Musk, telles que Tesla et SpaceX, sont également à but lucratif, et il les présente comme bénéfiques pour l’humanité. « Il n’y a rien de mal à diriger une entreprise lucrative », a rétorqué Musk, insinuant qu’OpenAI aurait dû conserver son orientation philanthropique dès le départ.
« Vous ne pouvez simplement pas voler une organisation caritative », a-t-il répété, insistant sur le fait qu’OpenAI avait failli à sa mission originelle. Musk a également été interrogé sur une initiative de février 2025, où il a tenté de racheter les actifs des créateurs de ChatGPT pour 97 milliards de dollars, ce qui a été qualifié de manœuvre pour ralentir un concurrent.
Durant l’audience, Musk a également fait référence à des scénarios apocalyptiques liés à l’IA, évoquant le film « Terminator » pour illustrer les dangers que représente cette technologie. Toutefois, la juge a réagi en interdisant l’introduction de ces éléments dans les débats, soulignant l’ironie de la situation : « Je trouve ça ironique que votre client, malgré ces risques, soit en train de créer une entreprise dans exactement le même domaine », a-t-elle déclaré à l’avocat de Musk.
Le témoignage d’Elon Musk s’est conclu jeudi, mais il pourrait être rappelé à la barre d’ici la fin du procès, prévue pour mi-mai. Sam Altman, quant à lui, a suivi les échanges avant de quitter la salle. Son audition est attendue la semaine du 11 mai, tout comme celle de Greg Brockman, qui prendra place sur le siège des témoins dès lundi. Satya Nadella, le PDG de Microsoft, est également prévu pour témoigner, étant le premier géant de la tech à avoir soutenu le virage commercial d’OpenAI.
Ce procès met en lumière les tensions croissantes dans le secteur de l’IA, où les enjeux de rentabilité et d’éthique s’entrecroisent. La décision du tribunal pourrait avoir des conséquences significatives sur l’avenir d’OpenAI et sur la manière dont l’IA est développée et régulée à l’échelle mondiale.