Liberté de la presse : un déclin alarmant selon Reporters sans frontières

La liberté de la presse traverse une période sombre. Dans son classement annuel publié ce jeudi 30 avril, l’ONG Reporters sans frontières (RSF) souligne que la situation est plus préoccupante que jamais. En effet, le niveau de liberté de la presse n’a jamais été aussi bas depuis que RSF surveille cette problématique, avec plus de la moitié des pays en situation « difficile » ou « très grave ».

EN BREF

  • La liberté de la presse atteint son plus bas niveau en 25 ans selon RSF.
  • Plus de la moitié des pays se trouvent en situation « difficile » ou « très grave ».
  • La France se classe 25e, tandis que les États-Unis perdent des places dans le classement.

Dans son rapport, RSF indique que le score moyen des pays étudiés a chuté à des niveaux alarmants. L’ONG attribue ce déclin à la mise en place de lois de plus en plus restrictives, souvent justifiées par des politiques de sécurité nationale qui se sont intensifiées depuis les attaques du 11 septembre 2001. Ce cadre législatif a permis aux gouvernements de restreindre la liberté d’expression et d’encadrer les médias de manière plus stricte.

Le constat est d’autant plus frappant lorsque l’on considère le taux de la population vivant dans des pays où la liberté de la presse est jugée « bonne ». Ce chiffre a chuté, passant de 20 % à moins de 1 %. Actuellement, seuls sept pays d’Europe du Nord, avec la Norvège en tête, peuvent se vanter d’une situation favorable. En revanche, la France se positionne à la 25e place dans la catégorie « situation plutôt bonne ».

Les États-Unis, autrefois considérés comme un modèle en matière de liberté de la presse, ont vu leur position se dégrader. Ils ont perdu sept places pour se classer 64e, passant d’une situation « plutôt bonne » à « problématique » en 2024. Cette chute est attribuée à des attaques répétées du président contre les médias, mais aussi à des cas concrets de répression, comme celui du journaliste salvadorien Mario Guevara, expulsé après avoir dénoncé les arrestations de migrants.

En Afrique, la situation est tout aussi préoccupante. Le Niger, par exemple, a connu la plus forte baisse en 2026, se classant 120e avec une chute de 37 places. Ce pays illustre la dégradation des conditions de la liberté de la presse au Sahel, où les conflits armés et les coups d’État se multiplient. D’autres pays, tels que le Mali (121e) et le Burkina Faso (110e), ont également subi des reculs significatifs, passant d’anciennes positions de leaders en matière de liberté de la presse à des classements alarmants.

Les derniers pays du classement sont marqués par des régimes autoritaires. L’Arabie saoudite, qui se classe 176e, a récemment été le théâtre d’exécutions de journalistes, comme celle de Turki al-Jasser, un fait sans précédent à l’échelle mondiale. Ce tableau est complété par des pays comme la Russie, l’Iran et la Chine, qui occupent également les dernières places, avec l’Érythrée figurant à la 180e position, à la fin de ce classement dévastateur.

La directrice éditoriale de RSF, Anne Bocandé, a souligné que certains pays, autrefois considérés comme des bastions de la liberté de la presse, souffrent aujourd’hui sous des régimes militaires. Ce constat soulève de nombreuses questions sur l’avenir du journalisme dans un monde où la désinformation et la répression semblent se répandre.

Il est essentiel que les voix indépendantes continuent de s’élever face à cette situation critique. La vigilance des citoyens et des organisations internationales est plus que jamais nécessaire pour protéger la liberté d’expression, qui est un pilier fondamental de la démocratie.