Une nouvelle arnaque sévit dans certaines stations-service, utilisant un stratagème simple mais efficace pour vider les comptes bancaires des automobilistes. Cet été, le reportage d’un journal télévisé a mis en lumière une pratique frauduleuse qui s’appuie sur une manipulation astucieuse des équipements de distribution de carburant.
EN BREF
- Une escroquerie se développe dans les stations-service, exploitant des pistolets mal accrochés.
- Les automobilistes se retrouvent débités jusqu’à 150 € après avoir aidé des inconnus.
- Les banques conseillent de signaler rapidement tout débit suspect pour tenter de récupérer les fonds.
Le mécanisme de cette arnaque commence souvent par une demande d’aide d’un automobiliste en panne sur une aire d’autoroute. Celui-ci aborde une bonne âme, prétendant ne pas avoir de carte bancaire et proposant de payer en espèces si celle-ci accepte de régler quelques litres de carburant avec sa propre carte. L’échange semble inoffensif et rapide, mais il cache une arnaque bien rodée.
Au cours d’un reportage diffusé sur TF1, le gérant d’une station-service à Ardentes, Victor Marteau, a expliqué comment cette escroquerie fonctionne. Il a montré que le pistolet de la pompe à essence était mal rangé après qu’un client ait effectué le service. « Là, si vous remarquez, le pistolet n’est pas entièrement raccroché, ce qui fait qu’il y a juste à le reprendre et à continuer son plein tranquillement jusqu’à l’autorisation donnée, qui est généralement de 150 euros », a-t-il détaillé.
Après avoir payé un petit plein, la victime quitte la station, pensant que la transaction est terminée. Malheureusement, lorsque le relevé de compte arrive, elle découvre avec désarroi qu’elle a été débitée de plusieurs sommes. Certains clients se sont ainsi retrouvés avec près de 150 € débités, sans même avoir connaissance de la fraude au moment des faits.
Le fonctionnement de cette arnaque repose sur le fait que, dans les stations-service en libre-service, le terminal de paiement envoie d’abord une autorisation bancaire maximale, souvent autour de 150 €. Ce montant n’est ajusté qu’à la clôture de la transaction, qui intervient lorsque le pistolet est correctement raccroché et que l’écran signale la fin du service.
Si le pistolet reste en place ou est maintenu actif de manière artificielle, l’escroc peut reprendre la poignée après le départ de la victime et remplir son propre réservoir jusqu’à atteindre le plafond autorisé. Une variante de cette méthode, observée en Vendée, consistait à glisser une petite boulette d’aluminium ou de papier dans le logement du pistolet pour empêcher son verrouillage, maintenant ainsi la pompe « active » pour le prochain utilisateur.
Face à cette situation alarmante, les professionnels du secteur recommandent aux automobilistes de prendre quelques précautions lors de leurs passages en station-service. Il est essentiel de s’assurer que la transaction par carte est réellement terminée avant de quitter l’aire d’autoroute.
En cas de débit suspect, il est conseillé aux victimes d’agir rapidement. Les banques recommandent de contacter son établissement pour signaler l’opération contestée, en précisant la date, l’heure et la station concernée. Il est également possible de déposer plainte auprès des forces de l’ordre. La station-service peut fournir les images de vidéosurveillance qui pourront aider à prouver l’escroquerie, facilitant ainsi une éventuelle demande de remboursement.
Les arnaques évoluent sans cesse, et il est crucial pour les consommateurs de rester vigilants face à ce type de manœuvre. La prudence et la vigilance sont de mise dans ces moments où l’entraide peut rapidement se transformer en désagrément financier.